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| Mise en service | Fin du service voyageurs | Fin du service marchandises |
| 1842 | – | – |
La gare de Saint-Ghislain a vécu plusieurs époques. Trois bâtiments des voyageurs ont marqué son histoire, dont celui que nous connaissons aujourd’hui, mis en service en 1896. La station, très vaste, avec ses nombreuses voies de triage-formation et ses liaisons avec le tissu économique local, les charbonnages, les entreprises, a été profondément blessée par les bombardements alliés de mai 1944. Le site ferroviaire, dont le bâtiment principal a été épargné par les bombes, a été reconstruit, dont son triage, jadis un des plus importants de Belgique. La gare de Saint-Ghislain a été impactée par la fermeture des charbonnages, la mutation du tissu économique local et par les restructurations de la SNCB des années 80. Mais, même diminuée par rapport à son passé, elle reste très belle et très active aujourd’hui!
Synthèse
- Saint-Ghislain fut l’un des plus importants nœuds ferroviaires et industriels du Borinage. Reliée dès 1842 à la « Ligne du Midi » vers la France, la future ligne 97, la gare se développa rapidement grâce au transport, non seulement des voyageurs, mais aussi du charbon et à l’essor industriel régional. Des bâtiments des voyageurs se succédèrent avant la construction de l’imposante gare actuelle, inaugurée à la fin du XIXe siècle dans un style néo-Renaissance flamande.
- Au fil du temps, Saint-Ghislain devint une grande gare de triage équipée de nombreuses voies, dépôts, ateliers et cabines de signalisation modernes. Son importance stratégique en fit une cible majeure durant les deux guerres mondiales, notamment lors des bombardements alliés de 1944 qui détruisirent une grande partie des installations ferroviaires.
- Après-guerre, la gare retrouva une activité intense avant de connaître un déclin progressif du trafic des marchandises à partir des années 1980. Aujourd’hui, elle reste un important point de transport pour les voyageurs et a retrouvé un regain pour les marchandises, grâce aux zonings régionaux. Elle conserve un riche patrimoine ferroviaire.
La grande histoire
De gare en gare…
1835: on inaugure la première ligne « nationale » entre Bruxelles et Malines. Les voyageurs vont pour voir prendre le train! Le 5 mai 1841, un arrêté royal approuve la convention du 6 octobre 1840 pour l’établissement d’une station de chemin de fer à Saint-Ghislain. L’adjudication publique du projet est annoncée le 3 août 1842. Un arrêté ministériel approuve, le 29 juillet 1842, les plans dressés par l’architecte Payen pour la construction des bâtiments gares de la section de la ligne de Mons à Quiévrain, soit à Jemappes, Saint-Ghislain, Boussu, Thulin et Quiévrain. Le 7 août 1842, on actait l’ouverture à l’exploitation des voyageurs du tronçon de la « Ligne du Midi » (future L97) entre Mons et Quiévrain ainsi que de la station de Saint-Ghislain. Le trafic des marchandises était mis en service le 1er septembre 1842. La « Ligne du Midi » allait, quant à elle, se prolonger vers Saint-Saulve (Fra) le 14 novembre 1842: Valenciennes sera atteint le 3 décembre 1843, Paris bien plus tard, en 1846. La gazette de Mons du 8 août 1842 évoque la présence de quelque quarante mille personnes « entre deux haies de Mons à Quiévrain ». Le train inaugural avait quitté la station des Bogards à Bruxelles à 10h pour arriver à Mons à 12h15 pour repartir, avec quelques voitures supplémentaires, vers Jemappes et les autres gares de la ligne. La station de Saint-Ghislain présentait un aspect des plus vivants », évoque le journal local. « La foule s’était portée principalement sur ce point à cause de la kermesse qui tombait ce jour-là… » Pour célébrer l’arrivée du chemin de fer, des bâtiments provisoires avaient été installés dans les différentes gares. « On s’est rendu au bureau provisoire… pour le vin d’honneur », écrit la Gazette de Mons. Dans son discours, M. Cavenaile, bourgmestre de Saint-Ghislain, évoquait au Ministre L. Demaisières son souhait de voir le chemin de fer se développer entre Saint-Ghislain et Tournai. « Il ne reste maintenant à notre localité que de former des vœux pour la prospérité du commerce et pour notre ville, particulièrement pour raccorder l’embranchement de Tournay à Saint-Ghislain… » Il sera entendu.
Le bâtiment provisoire installé en garez de Saint-Ghislain est peu ou pas visible sur la cartographie historique. Une gravure, réalisée plusieurs années plus tard, semble montrer les premières heures du chemin de fer en gare de Saint-Ghislain, les deux voies de la ligne venant de Mons et allant en France, un bâtiment (de gare ?) très modeste en bordure des voies, apparaissant sur le plan Popp, et, sur la place, une grande construction servant de dépôt et d’étalage permanent du drapier Thiéry dont le magasin était situé dans la Grand-Rue de Saint-Ghislain. D’autres sources attribuent ce bâtiment au Hainaut-Flandre qui avait construit sur la place de stationnement ses locaux administratifs en août 1862.
Le développement du rail imposera partout la construction d’infrastructures ferroviaires fonctionnelles, pour les voyageurs et pour les services techniques. Le premier « vrai » bâtiment des voyageurs de la gare de Saint-Ghislain sera approuvé le 18 septembre 1844. Un plan « récapitulatif » (approuvé en 1888) semble confirmer la présence d’un premier bâtiment implanté sur une partie de l’espace de la future grande gare.
L’activité à Saint-Ghislain ira croissant et une convention sera signée le 8 novembre 1864 pour régler l’exploitation commune de la station par l’Etat et la Compagnie privée du Hainaut-Flandres, chargée par concession (1856) de la construction de la ligne de Gand à Saint-Ghislain. Le Hainaut-Flandre fera ainsi grandir la gare de Saint-Ghislain, qui se verra équipée, entre autres, d’un bâtiment administratif, d’un dépôt de locomotives et d’un hangar aux marchandises. L’Etat reprendra à son compte l’activité de la compagnie privée en 1870.
Le 26 juin 1871, les travaux de démontage de l’ancien bâtiment des voyageurs de la station de Mons, l’« Embarcadère », sont validés; ce bâtiment sera reconstruit à Saint-Ghislain, un peu sur la gauche du premier. Les infrastructures de la gare seront progressivement étoffées avec la construction d’un bâtiment pour les bureaux et un magasin de la traction, un dépôt d’huile et un dortoir pour les machinistes. Les plans du troisième bâtiment principal seront dressés en septembre 1888, sa construction sera actée en 1890. Un ordre de service évoque l’ouverture de cette troisième gare de Saint-Ghislain en 1896. L’immense bâtiment, construit dans le style monumental néo-Renaissance flamande, comprend tous les locaux nécessaires aux services ferroviaires (salles des guichets, salle d’attente, bureaux, etc.) et, dans sa partie droite une habitation et des dépendances à l’usage du chef de station, sur trois étages.
Ce bâtiment des voyageurs a été miraculeusement épargné, ainsi qu’une lampisterie et un bureau des marchandises, par les terribles bombardements alliés de Saint-Ghislain en mai 1944. Seule la toiture et des vitres du bâtiment principal furent touchées par les bombes. Des réparations du lieu furent effectuées après la guerre; des rénovations y furent également apportées en 1953, notamment, pour l’embellissement des boiseries, l’entretien des parquets, des portes des peintures, des cheminées en marbre noir qui agrémentaient chaque pièce et dont on peut encore voir un exemplaire aujourd’hui dans le buffet de la gare. Ce bâtiment gigantesque, partiellement classé, est celui que nous connaissons aujourd’hui. Il est porteur d’histoire!
Les premiers rails
Les premiers rails ont été posés sur le sol belge à… Saint-Ghislain. C’était en 1829, la première ligne qui reliait le charbonnage du Grand-Hornu à l’importantissime canal de Mons à Condé (Fra) et ses « rivages » où le charbon était transbordé dans des « muids » (mannes) à dos d’hommes et de femmes sur les péniches, vers la France, notamment. Le projet était l’œuvre de l’industriel Henri Degorge, véritable moteur du site minier du Grand-Hornu. La traction était chevaline. Cette ligne pionnière de quelque 1.800 mètres, presqu’inhumaine, passait à environ un kilomètre de la gare actuelle. La traction allait se mécaniser et un traînage aérien allait remplacer cette ligne, réputée comme la plus ancienne de Belgique, dès 1903. Ce traînage aérien passait non loin de la gare de Saint-Ghislain.
Le développement des charbonnages borains et l’essor industriel des verreries, faïenceries, entreprises de produits réfractaires ou encore de constructions mécaniques, etc. engendra au XIXe siècle l’extension du réseau ferroviaire autour de Saint-Ghislain. Alors que James de Rothchild avait acquis plusieurs sociétés privées pour détenir, dès 1858, une grande partie du transport du charbon borain vers la France, la Compagnie du Hainaut-Flandres vint lier son histoire de celle de la gare de Saint-Ghislain. Cette société anonyme fut fondée le 5 janvier 1857 pour, notamment, développer les lignes de chemin de fer en Hainaut et en Flandre, une vieille volonté des autorités de Saint-Ghislain. Un des objectifs était d’acheminer la houille du Borinage, la pierre, la chaux, vers Gand. Le Hainaut-Flandres construisit la ligne Saint-Ghislain-Audenaarde-De Pinte. A Saint-Ghislain, la Compagnie construisit des bâtiments ferroviaires, des locaux administratifs, une remise aux locomotives vapeur, notamment. Confrontée à des difficultés financières, elle fut « reprise par bail » par la Société d’Exploitation des Chemins de Fer en novembre 1865. Le Hainaut-Flandre disparaîtra au premier trimestre 1867. L’Etat reprendra l’activité en 1870.
Saint-Ghislain et le rail
- Le 17/07/1840, le « Chemin de Fer de Saint-Ghislain » lançait une ligne entre la formation de Warquignies-Charbonnage, implantée au coeur des houillères douroises, et, via deux plans inclinés situés à Boussu, la « plateforme multimodale » des rivages du canal de Mons à Condé dits « Rivages de Warquignies », actuelle aire de l’autoroute E19/E42. Cette ligne allait devenir la ligne 98B, qui aboutissait à la formation de Saint-Ghislain via Boussu-Route;
- en 1842, Saint-Ghislain est au coeur de la Ligne du Midi, entre Bruxelles, Mons, Quiévrain et Valenciennes;
- en 1861, Saint-Ghislain – Basècles, prolongée ensuite vers Leuze et Tournai;
- en 1867, Saint-Ghislain – Frameries via Hornu et Quaregnon-Monsville, la ligne 98C (102), qui faisait la jonction, dès 1867 et jusqu’en 1984, entre Frameries et Saint-Ghislain, via les gares de Flénu-Produits, Monsville et Hornu-Route;
- en 1874, Saint-Ghislain – Mons via Warquignies ;
- en 1876, Saint-Ghislain – Jurbise via Baudour, la ligne 90A, qui permettait de se connecter à la ligne 96 (Bruxelles-Quévy) à l’entrée de Jurbise et, à Jurbise-même à la ligne 90 vers Grammont et Denderleeuw;
- en 1879, Saint-Ghislain – Ath via Sirault et Chièvres.
Guerres
Saint-Ghislain est devenue un géant ferroviaire, mais aussi une « cible privilégiée » durant les deux conflits mondiaux. L’occupation allemande en 14-18 laissera les installations et le matériel de la gare dans un état très critique. Saint-Ghislain parviendra à se relever et à reprendre vigueur… jusqu’au second conflit, avant lequel le triage était équipé de 26 voies à doubles issues et de 11 voies en cul-de-sac. On avait rehaussé les quais, on les avait protégés de marquises, des souterrains avaient été créés (1935). La gare fut placée sous « surveillance » allemande (1940)! Les réquisitions étaient fréquentes en raison de l’importance stratégique sur l’axe Allemagne-Normandie oblige. Et puis… avril 44, les bombardements alliés à répétition. De nombreuses « séances » de bombardements semèrent la panique à Saint-Ghislain en avril 1944 et, surtout, les 1 et 2 mai. L’objectif des alliés était de paralyser les transports allemands, d’empêcher l’approvisionnement vers les côtes atlantiques et d’ainsi de démoraliser l’ennemi. Les bombes alliées détruisirent la ville en grande partie, de la Grand-Place de Saint-Ghislain aux « Quatre Pavés d’Hornu ». Seuls quelques bâtiments survécurent, par miracle: un château d’eau, une lampisterie, un bureau des marchandises, et, surtout, le bâtiment principal de la gare. En gare, les quais, la remise aux locomotives, les voies et aiguillages, les marquises à quai, les signaux, les passages à niveau, un des deux châteaux d’eau furent gravement endommagés ou anéantis. La reconstruction fut entamée dès la fin du conflit mondial. Un viaduc, symbole de modernité composé de deux ponts avec une rampe d’accès, fut construit et mis en service en novembre 1954 en remplacement du passage à niveau n°118. Ce viaduc fut complètement rénové et ouvert le 1er octobre 2013.
Les cabines de signalisation
L’évolution exponentielle de l’infrastructure ferroviaire à Saint-Ghislain a nécessité de nombreuses postes d’aiguillage et de signalisation. En 1938, la gare compte trois postes de block ( 41 à 43) et quatre cabines. L’après-guerre fera entrer Saint-Ghislain dans une ère de modernisation.
Le « block 28 », mis en service 1955 et installé du côté « Wasmuël », gérait, notamment, l’entrée de la gare côté Mons, l’accès à la remise aux locomotives (ATD) et la bifurcation vers la ligne 100 (Tertre). Le « block 29 », installé au pied du viaduc et de type « tout relais », opérationnel en 1956-57, était le centre nerveux et de la gare de formation. Il gérait les voies voyageurs, les lignes 78, 97, 98, 100, le faisceau de départ de la formation ainsi que l’accès à la remise. Le triage-formation était également géré dans le même local que le block 29, dont il était séparé par une cloison. Un très moderne « Poste à Logique programmable (PLP) » fut ensuite installé dans un bâtiment attenant au block 29 et mis en service en 1995.
Le block 28 a été supprimé en septembre 1996 et intégré au block 29 PLP qui géra ce qu’il restait de la gare dès 2000, alors que la plupart des voies du triage-formation avaient déjà été démontées ou mises en impasse. Le block 29 PLP allait ensuite disparaître à son tour pour être intégré au block 27 de Mons mis en service en 2009: le rideau était tombé sur une grande partie de la gare de Saint-Ghislain.
Le triage et la formation
La position stratégique de la gare de Saint-Ghislain en a fait un nœud ferroviaire important dès la fin du XIXe siècle. La gare de 1re classe disposait déjà d’une importante formation en 1897. A Saint-Ghislain aboutissaient de nombreuses lignes venant des charbonnages du Borinage auxquelles s’ajoutaient les flux générés par les industries locales. La mort lente des charbonnages, dans les années 50-60, et, dans un deuxième temps, de ces industries lourdes, comme « Carcoke » en 1997, provoquera la diminution inéluctable de l’activité « marchandises » en gare, la fin du triage-formation. Pourtant, déjà imposant avant la 2e guerre mondiale, le triage-formation connut une nouvelle vie, grandiose, après le conflit. En 1960, la gare de triage-formation comptait plus de 50 voies. Les trains de marchandises étaient accueillis via les 11 voies du faisceau de réception, avant de converger vers une « bosse » et des « freins de voie » pneumatiques et d’entrer dans le triage proprement dit géré par la cabine installée au sein du « block 29 », soit 4 « pinces » de 8 voies de 650 à 800 mètres pour le triage. Une fois formés, les trains étaient dirigés vers les faisceaux de départ qui les envoyaient vers leurs destinations. Saint-Ghislain était alors la gare de triage la plus moderne du réseau. A son apogée, dans les années 1970-1980, plus de 2.000 wagons étaient traités par jour, 6 jours sur 7. Le triage-formation de Saint-Ghislain a compté, à son apogée, quelque 320 travailleurs, auxquels il fallait ajouter le personnel administratif, de la voie, de la signalisation, les conducteurs… Le déclin allait s’amorcer dès les années 80, davantage encore au début des années 2000. Saint-Ghislain perdit son statut de gare de formation en 1996.
Les remises et ateliers
Très vite, la gare de Saint-Ghislain fut équipée d’une remise pour son matériel de traction. Le Hainaut-Flandre avait construit, tout près de la place de la gare, une remise pour 10 locomotives vapeur, ainsi que des bureaux, un hangar aux marchandises avec un quai de chargement. L’Etat, à sa reprise du réseau du Hainaut-Flandre au 1er janvier 1871, construisit à son tour une nouvelle remise pour 40 machines, équipée d’une plaque tournante de 16,5 mètres, et transforma celle du Hainaut-Flandre en « compresseur ». Non loin de là, on trouvait un dortoir et des salles de bain pour les agents « en transit » aménagé dans les anciens locaux du Hainaut-Flandre. La gare était également équipée de deux châteaux d’eau installés près des remises aux locomotives. A la disparition de la traction vapeur, en 1967, la remise, les voies et les autres équipements ont été démontés, tout comme l’ancienne cour aux marchandises et la lampisterie. L’endroit est devenu le parking des navetteurs d’aujourd’hui.
L’atelier de traction-diesel (ATD)
L’atelier de traction-diesel (ATD) est né avec l’apparition des locomotives diesel en 1955 et… la disparition de la traction à vapeur. L’ATD, construit à côté du faisceau de réception de la formation côté Mons, à cheval sur les territoires de Saint-Ghislain, d’Hornu et de Wasmuël, fut mis en service en 1963, avec pour mission d’assurer l’entretien du parc de locomotives diesel de Saint-Ghislain. En 1982, à l’arrivée de l’électrification, notamment sur la dorsale wallonne, l’atelier fut est équipé de caténaires pour l’entretien d’engins électriques. Il ferma ses portes en 2004 et fut loué au PFT dès 2011, pour retrouver ses fonctions premières d’entretien des locomotives « historiques ».
L’atelier des wagons
L’atelier des wagons (CHW), situé au pied du viaduc, fut construit sur le site de l’ancienne verrerie de Jumet, lui-même installé à l’endroit d’anciens fours à coke actifs dès 1875. Le site fut fortement endommagé au cours du premier conflit mondial. Un premier atelier des wagons fut construit et mis en service en 1923, avant de subir le même sort que le précédent et d’être détruit par les bombardements alliés en mai en 1944. Un nouvel atelier fut construit en 1948. Son infrastructure est toujours existante. Sa gestion fut informatisée au début des années 1970. Des 190 agents qui y travaillaient aux grandes heures, il en restait 40 en 1995. L’atelier était équipé de 6 voies et de 14 voies extérieures en cul-de-sac. Il fut fermé en 1996 et ses derniers agents furent transférés, notamment, à l’arsenal de Cuesmes. En 1998, le Patrimoine ferroviaire et Tourisme (PFT) investissait les lieux pour le transformer en musée.
Aujourd’hui…
Le bâtiment principal de la gare de Saint-Ghislain, partiellement classé, a été rénové, notamment au niveau des aménagement intérieurs qui présentaient, dès 2019, un nouveau guichet et une salle des pas perdus rénovée. La gare est, pour son chauffage, connectée, de longue date, au réseau géothermique de l’IDEA. Aujourd’hui, Saint-Ghislain connaît toujours un trafic voyageurs important: 4.000 navetteurs et étudiants fréquentent la gare pendant les jours de semaine. Le trafic des marchandises n’est certes plus ce qu’il a été. Il est essentiellement alimenté par la desserte de la zone industrielle de Tertre: un des anciens faisceaux de triage a été modernisé à cet effet. Par ailleurs, la ligne industrielle n° 242 a été rénovée afin de desservir le port autonome situé à la darse de Ghlin sur le canal Nimy – Blaton. En 2025, Infrabel a rénové l’infrastructure ferroviaire, soit 12 aiguillages et 2 fois 1,5 kilomètres de voies arrivées en fin de vie. Réclamée par les industriels des deux côtés de la frontière franco-belge, la réouverture du point- frontière Quiévrain – Blanc-Misseron (L. 97) pourrait, par ailleurs, rendre à la gare une partie de ses activités d’antan. Vain projet? Certainement…
La gare de Saint-Ghislain est, avec le Chemin de Fer du Bocq, un pilier de l’association Patrimoine ferroviaire et Tourisme (PFT), qui occupe les anciens ateliers des wagons (CHW) où l’on peut trouver le « Retrotrain », son espace muséal, lieu des grandes bourses d’échanges pour les modélistes, ses locaux de documentations, d’archives et de la « Saga des Gares », son « Shop » ferroviaire, son département « modélisme », ainsi que l’ancien Atelier Traction Diesel (ATD). L’asbl Chemin du Rail s’est pour sa part installée dans les locaux de l’ancien guichet de la gare en septembre, une véritable ouverture vers le tourisme ferroviaire qui a généré une collaboration avec la « Saga des Gares » sous la forme de panneaux explicatifs sur les chemins RAVeL! La gare de Saint-Ghislain est ainsi restée vivante et de nombreux espaces du bâtiment principal sont ouverts à d’autres projets « porteurs ». Le buffet de la gare a gardé un peu de son cachet d’antan, signe que l’histoire est un éternel recommencement…
La gare de Saint-Ghislain est aujourd’hui desservie par des trains Intercity (IC), Omnibus (L) et d’Heure de pointe (P) qui effectuent des missions sur les lignes 78 (Mons – Tournai – Lille-Flandres) et 97 (Saint-Ghislain – Quiévrain). On peut prendre le train à Saint-Ghislain pour voyager sur la dorsale wallonne (Charleroi, Namur, Liège), vers Bruxelles, Mouscron et la Côte… Attention au départ!

Plan du faisceau de voies de la gare de Saint-Ghislain























