La gare d’Audregnies

La gare d’Audregnies annonçait jadis l’entrée dans le Haut-Pays sur la ligne 98A. La petite gare est née en 1882 à la chaussée Brunehaut entre les villages d’Audregnies et de Montignies-sur-Roc, avec l’arrivée du chemin de fer dans la région. Elle a disparu avec lui. Le bâtiment principal a été démoli en 1972. Seule subsiste la maisonnette du garde-barrière, qui a gardé son style d’origine. Au fond de l’espace de l’ancien bâtiment principal, souvent utilisé comme parking par les promeneurs, l’assiette de l’ancienne ligne devenue un RAVeL, s’enfonce dans la campagne, vers Angre et le Haut-Pays.

Pour atteindre Audregnies, la ligne de chemin de fer s’encaisse dans un remblai, sous plusieurs ponts dont celui de la route reliant Audregnies à Wihéries, un passage résolument délicat pour les voitures, de nos jours. C’est sur la droite de cet axe routier en béton, construit au début des années 50, que roulait le tram entre les deux villages. La ligne, ici profondément encaissée, prend soudain de la hauteur via un remblai et un pont reliant Audregnies à la route vers Montignies-sur-Roc où se situe le quartier de la gare. Le Coron du Bois, la Chapelle Sainte-Thérèse… Plus loin, un second pont dit « à platine » : il enjambe la Petite Honnelle en direction d’Audregnies.

La ligne 98A était à voie unique, ne permettant donc que l’évolution d’un seul train à la fois. La gare d’Audregnies avait pourtant été équipée de deux longues voies de 360 mètres à quai dans le but de permettre le croisement de certaines rames de marchandises. A l’entrée en gare, en venant de Dour, les trains longeaient la maisonnette du garde-barrière du passage à niveau n°6. Cette belle petite bâtisse était équipée d’un jardinet de 1,5 ares, d’un puits. Les convois franchissaient ici la chaussée Brunehaut, pavée, pentue, reliant Audregnies et Montignies-sur-Roc.

Importante infrastructure

Les infrastructures de la gare, située sur la droite de la Chaussée en se dirigeant vers Montignies, étaient assez imposantes : toilettes, bureau des recettes et jardin de 11 ares doublé d’un autre de plus de 1,25 ares… la fierté du chef de gare ! La station était pourvue d’une rampe de chargement, d’une vaste cour pavée pour le transit des marchandises, de quelques « loges » techniques pour les ouvriers de la voie. Le bâtiment principal, construit selon un plan très « fonctionnel » et sans recherche stylistique imposé par l’État depuis 1873, était doté d’un étage occupé par le chef de gare et sa famille.

Si les convois de voyageurs faisaient arrêt à Audregnies dans chaque sens, ceux de marchandises ne desservaient la station qu’en « redescendant » de Roisin. La cour aux marchandises était équipée d’un cul-de-sac où étaient envoyées pour chargement et déchargement les rames de pulpes de betteraves, de charbon, les colis divers, les balles de houblon pour les brasseries locales. Le chemin de fer du Haut-Pays, loin de l’axe charbonnier, avait sa propre « loge » économique, modeste, certes. La station d’Audregnies, excentrée par rapport aux villages environnants et, donc, aux entreprises locales, n’avait aucun raccordement privé…

La maisonnette, dernier témoin. Que reste-t-il là-bas aujourd’hui ? Bien peu de témoignages du passé ont été conservés à Audregnies. Seule la maisonnette du garde-barrière a survécu au temps. Elle a été restaurée dans le respect de son style d’origine par ses propriétaires actuels. La gare et ses dépendances ont, par contre, totalement disparu. Les cafés aussi. Une esplanade « agricole », à l’opposé de la maisonnette, laisse timidement deviner l’emplacement du bâtiment principal de la station, des longues voies à quai, de la cour aux marchandises dont il reste quelques zones pavées. Au fond de cet espace, souvent utilisé comme parking par les promeneurs, l’assiette de l’ancienne ligne, devenue un RAVeL, s’enfonce dans la campagne, vers Angre et le Haut-Pays.