La gare de Roisin-Autreppe

Roisin-Autreppe. Terminus belge! Avant d’entrer en gare, les convois franchissait le monumental pont de « 15 mètres » qui enjambe la route entre Roisin et Autreppe et la Grande Honnelle. La ligne 98A et la gare de Roisin-Autreppe ont été mises en service en juin 1882. La ligne fut prolongée vers la France en 1892. Les deux conflits mondiaux ont sonné le glas du trafic international. Le bâtiment principal « des voyageurs » comprenait les bureaux des douanes. Ici transitaient les voyageurs et les marchandises, les produits agricoles et de bois, les pierres des « Carrières et Marbreries de la Honnelle ». Le trafic des voyageurs a cessé en mai 1960, celui des marchandises un an plus tard. Les bâtiments sont aujourd’hui des habitations.

La station de Roisin-Autreppe a présenté divers visages au fil du temps. La gare, dans sa forme finale, était constituée du vaste bâtiment principal, d’un hangar et d’une cour à marchandises équipée d’une rampe de chargement. Le bâtiment des voyageurs était équipé d’une très belle marquise en fer forgé. La gare a, aujourd’hui, conservé ses deux quais, celui de la voie 1 vers la France et celui de la voie 2 vers la Belgique, le quai « belge », lui aussi, jadis équipé d’une marquise annexée à un bâtiment douanier, disparu depuis les années 20. Nous sommes à quelques centaines de mètres de la France… qui a toujours été tiède à propos de cet axe transfrontalier. En 1914, à la veille du conflit, les Français avaient, par prudence, stoppé le trafic international direct. En 1939, les rails frontaliers avaient été enlevés.

Des « denrées coloniales »

La place de la gare de Roisin-Autreppe bouillonnait d’activités. Là-bas transitaient, outre les voyageurs, les marbres et les pierres des carrières avoisinantes, les engrais des usines Derome à Bavay, les betteraves sucrières et autres produits régionaux de cet immense verger qu’était le village de Roisin tels le cidre, les pâtes de fruit, les confitures…, la chicorée, le houblon, les pulpes, le lin, le bois, le sucre pour les fabriques locales, les denrées coloniales, les agrumes de Angre, le bois et les troncs, le « tabac de Roisin », les colis et dépêches en tous genres… Le charbon qui arrivait ici était limité à la consommation privée. Ce qui repose la question du pourquoi de cette ligne 98a entre Dour et Roisin-Autreppe, vers la France. A-t-elle vraiment été créée pour le transport massif de la houille boraine vers le bassin du Nord?

Sur la place de la gare de Roisin… d’Autreppe- nous sommes à cheval sur les deux villages, trois cafés, trois maisons de douanier, la maison Solbreux, un marchand de charbon, l’entrepôt des « Denrées Coloniales » de M. Lucier et le superbe « Hôtel des Voyageurs ».

Les fleurs de René et de Noël

Le bâtiment principal abritait la salle des visites et le bureau du receveur des douanes, la salle des colis, la salle des pas perdus et du guichet, un central téléphonique, les toilettes. L’étage était entièrement réservé aux appartements du chef de la station.

Presque toutes les traces du passé de la station frontalière sont encore visibles, aujourd’hui: le pont de 15 mètres, la maisonnette du garde-barrière à l’entrée de la gare, le bâtiment principal et son hangar aux marchandises dont l’entretien a, malheureusement, été oublié. Plus loin, on devine encore dans les broussailles l’emplacement de la plaque tournante qui permettait jadis aux locos d’effectuer leur révolution pour reprendre place en tête des convois vers Dour.

La place de la gare a conservé la saveur de ses débuts. Superbe, vaste. L’Hôtel des Voyageurs accueille l’association « L’Appui ». Un restaurant s’était aussi installé à côté des maisons des quelques riverains. Les premiers pas d’une seconde existence qui n’attend qu’à naître…

Côté voies, plus rien… Les belles fleurs de René Bronchart et Noël Taburiaux ont disparu. Ces deux cheminots avaient planté un sculptural parterre à l’endroit de la douane des années 20. Il leur arrivait très souvent de revenir à la gare, une fois leur service accompli, pour entretenir leur chef-d’oeuvre… Nostalgie.

Une reconversion réussie

L’Hôtel des Voyageurs. Superbe bâtiment au passé prestigieux, l’ancien « Hôtel des Voyageurs » est aujourd’hui en bien meilleur état que la gare à laquelle il fait face. Il est vrai qu’il ne resta guère inoccupé après la cessation de son activité commerciale initiale. L’Athénée de Quiévrain y disposa longtemps d’un site de classes vertes très apprécié, à deux pas du Caillou-qui-Bique et non loin de la France. Mais depuis l’an 2000, la belle maison de maître abrite le personnel et les pensionnaires de l’Appui, une asbl qui s’occupe de personnes handicapées mentales. Patiemment, celles-ci redonnent notamment aux lieux un charme bucolique qui vaut assurément le déplacement. Dommage, vraiment, que la vieille station frontalière n’ait pas connu cette chance

Le parterre fleuri de la gare. Deux cheminots de la gare de Roisin-Autreppe, René Bronchart et Noël Taburiaux, avaient planté un sculptural parterre de fleurs à l’endroit où la douane avait jadis installé son quartier général frontalier. Il leur arrivait très souvent de revenir à la gare, une fois leur service accompli, pour entretenir leur chef-d’oeuvre.

L 98 A – En 1892, soit plus de 10 ans après l’arrivée du chemin de fer à Roisin, la ligne est prolongée en France vers Bavay. Roisin-Autreppe devient ainsi une gare internationale. Un bureau des douanes est construit en face du bâtiment principal le long de la voie 2.

La gare avait fière allure avec son quai 1 protégé par une marquise en fer forgé.

En 1939, suite à la déclaration de guerre entre la France et l’Allemagne, la liaison frontalière sera démontée pour raisons stratégiques et ne sera plus jamais rétablie. Dès lors une plaque tournante permis l’évolution des locomotives pour reprendre la direction de Dour.

Pour le trafic des marchandises, la gare était équipée d’une cour avec rampe de chargement, d’un hangar et d’un pont à peser les wagons. Outre le transbordement de produits agricoles et de bois, un raccordement acheminait vers la gare la production des « Carrières et Marbreries de la Honnelle ».

Le 28 mai 1960 à 20h40, le dernier train de voyageur quitte Roisin. Que de regrets ! La région ne manquait pourtant pas de charme pour l’exploitation d’un chemin de fer touristique.

Aujourd’hui les bâtiments de la gare sont en cours de rénovation afin d’être convertis en logements.

La ligne 98A au-delà de la frontière