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Warquignies, petit village borain, était au coeur du réseau industriel et charbonnier. On y construisit en 1840 une immense gare « charbonnière » pour évacuer le charbon vers les « rivages » du canal Mons-Condé. Le trafic « voyageurs » fut mis en service en 1874: il permettait d’aller de Mons vers Quiévrain, par la ligne 98, ou Roisin-Autreppe, par la ligne 98A, via la gare de Dour. Un bâtiment « voyageurs » à toit plat avait été construit à la rue des Miniaux à Hornu. 1984 a sonné le glas du rail ici et dans toute la région boraine…
Synthèse
- Warquignies fut l’un des principaux centres ferroviaires charbonniers du Borinage dès les années 1840. Sa vaste gare de formation servait au transport de la houille vers Saint-Ghislain, le canal Mons-Condé et les nombreux charbonnages de la région. Avec ses nombreux faisceaux de voies et raccordements industriels, elle devint la plus importante gare charbonnière boraine.
- Le trafic voyageurs sur la ligne 98 fut introduit en 1874 et une petite gare fut construite pour desservir la population locale. Après le déclin des charbonnages et la fermeture des mines en 1961, l’activité ferroviaire diminua fortement, même si un trafic lié à l’exploitation des terrils subsista jusqu’en 1992.
- Le dernier train de voyageurs circula en 1984. Aujourd’hui, l’ancienne ligne a été transformée en RAVeL et seuls quelques vestiges rappellent encore le passé ferroviaire de Warquignies.
La grande histoire
La station de Warquignies remonte aux heures du réseau de Saint-Ghislain. La gare de formation, qui évolua avec le temps, permettait initialement aux convois de houille de remonter vers Saint-Ghislain, les rivages dits « de Warquignies » sur le canal Mons-Condé. Les rails partaient par ailleurs vers Dour et vers les charbonnages du Couchant de Mons. Le « réseau de Saint-Ghislain » proprement dit s’étendait également, dans les années 1840-45, vers Frameries et vers l’axe « Dour-Quiévrain » via Thulin. La Compagnie des Charbonnages belges entra, en 1846, en possession de toutes les actions de la Société de Saint-Ghislain. L’exploitation passera ensuite dans le portefeuille de la puissante Compagnie des Chemins de Fer du Nord (58), puis dans celui de la Société Générale d’Exploitation (67). L’Etat belge devint de propriétaire de l’ensemble en 1871.
Economiquement, le petit village de Warquignies occupait une position centrale au dans le coeur du Borinage. La plus grande gare charbonnière de formation de la région y fut ainsi installée dès 1840 sur les territoires… d’Hornu et de Boussu: 15 voies à double issue d’une longueur variant de 191 mètres à 481 mètres, un faisceau de 16 voies et d’un autre de 9 en cul-de-sac et un atelier de réparation de wagons à double voie. Outre les voies principales de la ligne 98 de Mons vers Dour, la station « industrielle » bénéficiait des raccordements privés des charbonnages d’Hornu-Wasmes, des Chevalières et de tout le réseau de la Grande Machine à Feu et des Houilles Grasses à Elouges, du Grand-Buisson et d’une ligne vers la gare de Quaregnon-Monsville. Après la fermeture du dernier charbonnage, en 1961, les voies de Warquignies-Charbonnière furent utilisées pour le garage des wagons en surplus à Saint-Ghislain. Une « certain » activité charbonnière repris en mars 1984 dans le contexte de l’exploitation des terrils locaux (Grande-Machine à Feu, Saint-Antoine) par la firme Ryan Europe pour la récupération des schistes carbonifères destinés à alimenter la centrale électrique de Ruien. Ce trafic cessera définitivement en 1992.
Gare « voyageurs »
Le service des voyageurs sur la ligne 98 Saint-Ghislain – Mons via Pâturages fut mis en service le 1er octobre 1874. En 1880, Warquignies reçut un bureau des recettes à la rue de la Gare du Buisson à Hornu (rue des Miniaux depuis 1977). La petite gare bénéficiait de 3 voies à quai. Le dernier train de voyageur circulera le 3 juin 1984.
Aujourd’hui, l’ »axiale boraine » et un Ravel ont remplacé le chemin de fer de jadis. Il reste peu de traces du passé ferroviaire: le pont au-dessus de la rue de Warquignies et, à proximité, la base de la plaque tournante pour les locomotives, deux maisonnettes et l’habitation du chef de gare à la rue de l’Epinette.




