La gare de Franière

En service:1871->Aujourd'hui
Etat de la fermeture:

La gare de Franière, dans l’entité de Floreffe, a été mise en service le 9 avril 1871 par l’Administration des Chemins de fer de l’Etat belge. Située entre Mornimont et Floreffe sur la ligne 130, de Namur à Charleroi, elle est aujourd’hui un point d’arrêt non gardé desservi par des trains suburbains (S). Son bâtiment des voyageurs, construit après la mise en service, est aujourd’hui inaccessible au public. Il doit disparaître dans le courant de 2027.

Synthèse

  • La gare de Franière a été mise en service en 1871 sur la ligne 130. Son élégant bâtiment se distinguait par ses six travées, ses bandeaux de briques jaunes et sa marquise protégeant le quai. Elle disposait également d’installations marchandises. Le guichet a fermé ses portes le 23 mai 1993.
  • Inoccupé depuis de nombreuses années, le bâtiment a été vendu par la SNCB en 2021 avant d’être gravement endommagé par un incendie le 15 juin 2026. Acquis ensuite par Infrabel, il doit être démoli afin de réserver l’emprise nécessaire à une future troisième voie, destinée à améliorer la fluidité du trafic sur l’axe stratégique Athus-Meuse.
  • Franière s’est également illustrée en septembre 2020 lorsqu’Infrabel y a réalisé une première européenne en faisant glisser, en un seul week-end, une dalle de béton de 480 mètres et 6.100 tonnes supportant un kilomètre de voies et quatre aiguillages.

La grande histoire

Depuis le 23 mai 1993, on ne peut plus acheter son titre de transport à la gare de Franière, le guichet ayant été fermé. Ce qui fut « la belle gare de village », construite selon l’inspiration de l’architecte Emile Robert après la mise en service de la ligne en 1871, avait pourtant fière allure, avec ses bandeaux de briques jaunes et sa pierre de taille décorative, ses six travées, son corps de logis à étage fièrement occupé jadis par le chef de gare et sa famille. Côté voies, une imposante marquise protégeait le quai; le quai 2 était équipé d’une aubette pour les voyageurs.

Sur un plan d’implantation datant de 1958, le rez-de-chaussée du bâtiment principal comprend, entre autres, une cuisine, une buanderie, une salle à manger, le tout pour le chef de gare et sa famille; viennent, dans le prolongement, le bureau des recettes, la salle d’attente, un local pour vélo et divers objets; l’étage comprend un grenier et trois chambres à coucher. L’infrastrcture ferroviaire comprend la double voie de la ligne 130; tout près du bâtiment des recettes, une voie de cour alimente la cour aux marchandises et sa rampe. La SA des Produits chimiques (Glaces de St Gobain et Chauny) est raccordée à la voie de cour. A l’opposé, en face du bâtiment principal, une voie de raccordement conduit vers la Boulonnerie de Franière, qui fut active de 1900 à 1954.

L’ancien bâtiment principal, fermé, vidé, « objet d’occupations non-autorisées », a été mis en vente par la SNCB en 2021. Le 15 juin 2026, il était la proie des flammes. Le lieu ne sera pas réparé, sa démolition étant programmée. Infrabel en a récemment fait l’acquisition en exerçant son droit de préemption auprès de la SNCB. Une demande de permis de démolition sera prochainement introduite auprès de la Région wallonne. En amont de cette démarche, le bourgmestre de Floreffe a été informé du projet par Infrabel. Sous réserve de l’obtention des autorisations nécessaires, la démolition du bâtiment pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année 2026 ou, au plus tard, au début de l’année 2027. Le bâtiment est actuellement inoccupé et fait régulièrement l’objet d’occupations « non-autorisées ».
À terme, l’espace libéré permettra la création d’une troisième voie à hauteur de Franière. Ce projet ne figure pas dans les investissements actuellement programmés et ne pourrait se concrétiser qu’au-delà de 2032, dans le cadre d’un futur plan d’investissement.

L’ajout d’une troisième voie doit permettre de garer temporairement certains trains de marchandises, réduisant ainsi les conflits de circulation avec les trains de voyageurs. Une telle infrastructure doit contribuer à augmenter la capacité du réseau et à améliorer sa fluidité, au bénéfice tant du trafic voyageurs que du trafic marchandises.

Franière se situe sur la ligne Athus-Meuse, l’un des principaux corridors de transport de marchandises du pays, qui joue un rôle essentiel dans la mobilité ferroviaire et la logistique en Belgique. En moyenne, il passe environ 150 trains de marchandises chaque semaine sur la ligne 130.

Première européenne à Franière

Infrabel a réalisé en septembre 2020, pour la première fois en Europe, le poussage d’une dalle de 480 mètres et 6.100 tonnes supportant 1 kilomètre de voies et 4 aiguillages. Cette phase du chantier de modernisation de l’infrastructure s’est déroulée en un seul week‑end.

Depuis mai 2020, Infrabel avait mené des travaux sur la dorsale wallonne à hauteur du point d’arrêt de Franière. L’objectif du chantier était de renouveler l’infrastructure et d’adoucir la courbe pour permettre des vitesses de 120 km/h au lieu de 100 km/h.

La technique utilisée par ingénieurs d’Infrabel était inédite. On a d’abord préconstruit, dès mai 2020, une dalle massive de 1.300 m³ de béton, 300 tonnes de ferraillage, 480 mètres de long, 8 mètres de large, 30 centimètres d’épaisseur, pour un poids total de 6.100 tonnes. La dalle avec rails, ballast et aiguillages, a ensuite été poussée sur 16 mètres à l’aide de 16 vérins, les 5 et 6 septembre. Aucune portion d’infrastructure ferroviaire aussi longue n’avait été, jusqu’à là, poussée en Europe. La technique novatrice a notamment permis de minimiser les perturbations sur le réseau. A Franière aussi, un nouveau pont enjambant les voies a été construit en 2022, les quais ont été surélevés. « Les bénéfices de cette technique sont significatifs », indiquait Infrabel à l’époque des travaux. « Habituellement, sur une ligne de ce type, l’impact d’un tel chantier peut porter sur 135 trains de voyageurs et 40 trains marchandises chaque jour. La pré-construction de la dalle a permis de limiter le recours au « service à voie unique » à 18 jours et 3 week-ends, contre 49 jours et 8 week-ends selon la méthode traditionnelle. Quant aux coupures totales du trafic, elles se sont limitées à 3 week-ends, contre 5 habituellement! »