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La gare d’Élouges

En service:24/11/1872->?
Service voyageurs:?->13/08/1961
Service marchandises:?->1960
Etat de la fermeture:
Reconversion:Ravel

Le village d’Élouges et le chemin de fer, c’est une longue histoire. Les premières traces d’un « chemin de fer à ornière » remontent ici à 1836, quand il fut décidé en haut lieu de moderniser le transport du charbon. Le rail de l’État arriva en 1873. La station élougeoise a vécu jusqu’à la fermeture de la ligne 98 : l’axe fut fermé aux voyageurs le 29 mai 1960, aux marchandises le 13 août 1961. Aujourd’hui, l’ensemble des bâtiments a été converti en habitations privées. Un Ravel assure la liaison lente et paisible entre Dour et Quiévrain.

Synthèse

  • Élouges était une station de la ligne 98 ouverte en 1873 entre Dour et Quiévrain. La gare disposait d’installations modestes pour les voyageurs et les marchandises, au cœur d’un important réseau ferroviaire lié principalement à l’exploitation charbonnière du Borinage.
  • Le village était traversé par plusieurs lignes ferroviaires, raccordements industriels, passages à niveau et ponts desservant charbonnages, briqueteries et autres industries locales. Le transport de charbon, betteraves, sable et matériaux divers y était particulièrement actif.
  • À partir des années 1950, les infrastructures furent progressivement simplifiées avec le déclin industriel. La ligne 98 fut fermée aux voyageurs en 1960 puis aux marchandises en 1961.
  • Aujourd’hui, les anciens bâtiments ferroviaires ont été reconvertis en habitations privées et l’ancienne ligne est devenue un RAVeL reliant paisiblement Dour à Quiévrain.

La grande histoire

Nous sommes, à Élouges, sur la ligne 98. Les premiers trains ont circulé ici en 1873 entre Dour et Quiévrain. L’axe à voie unique se dédoublait à l’approche des quais élougeois. La station était équipée d’un hangar aux marchandises, d’un bureau des recettes assez modeste avec un corps central à étage pour les appartements du chef, une petite salle d’attente et des guichets au rez-de-chaussée, une aile technique et une autre pour les latrines. Le quai n°2 longeant le jardin du chef était équipé d’un abri pour les voyageurs. Deux voies arrivaient en cul-de–sac dans la cour aux marchandises. Les installations ont été simplifiées probablement en 1952 : la deuxième voie a été supprimée ainsi que la signalisation. Le passage à niveau n’a plus été gardienné, ce qui a entraîné l’imposition du passage des trains « à vue », à 5 km/h (signal « SF 0,5 »).

  • Le chemin de fer à ornière, à traction chevaline, a précédé le chemin de fer « classique » : il empruntait jadis des routes existantes, ce qui n’était évidemment pas du goût de tout le monde à Élouges. La société des Houilles Grasses d’Élouges allait donc profiter de la modernisation et de l’installation de la gare charbonnière de Dour pour se connecter par une ligne propre au réseau du « Chemin de Fer de Saint-Ghislain » et, donc, aux « rivages » du canal de Mons à Condé. Dix ans plus tard, la société en pleine expansion rachetait un bout de ligne de trois kilomètres entre Élouges et Thulin pour se connecter à l’axe de l’État Mons-Quiévrain.

Il fallut donc attendre 1873 pour voir arriver les rails de l’État à Élouges grâce au prolongement de la ligne 98 de l’État en provenance de Mons, via Warquignies et Dour. La ligne poursuivait ensuite sa route vers la gare-frontière de Quiévrain, un axe, à vocation internationale. Le village d’Élouges allait aussi être traversé par la ligne 98a, construite entre Dour, Roisin-Autreppe et Bavay via… Wihéries, Audregnies et Angre. Cet axe ne passait cependant pas par la gare élougeoise : une fois entré dans le village, il partait en droite ligne de Dour vers le haut d’Élouges, le « Monceau », qu’il franchissait, à la rue de la Fontaine, grâce à un pont parallèle à un autre pont qui permettait à la ligne industrielle de l’Ouest de Mons (OM) de franchir le fameux dénivelé. Cette ligne privée s’enfonçait ensuite vers le charbonnage de Ferrand et vers l’Avaleresse de Baisieux. La ligne 98 vers Quiévrain franchissait quant à elle la place du Monceau via un « pont de fer ».

  • Au rail élougeois s’était connectée en 1859 la ligne privée du charbonnage de Ferrand ; cette ligne allait plus tard être desservie par l’axe plus moderne de l’Ouest de Mons qui était relié directement dès 1874 à la gare charbonnière de Dour. La seule entreprise non-charbonnière liée à la gare d’Élouges était la briqueterie Edouard André (1925). À Élouges, transitaient aussi des tonnes de betteraves en partance pour les sucreries locales, du sable, des graviers, les matières premières et finies de la briqueterie, de nombreux colis privés…
  • Le village d’Élouges était, à la grande époque, truffé de passages à niveaux : deux à l’actuelle rue de la Grande Veine dont on peut encore voir les maisonnettes des gardes-barrières (98 et 98a), un au Chemin des 34 (Ferrand), un à la Rue de la Paix (98), un à la Rue d’Audregnies (98). Les ponts étaient aussi nombreux : deux à la rue de la Fontaine (OM et 98a), un au Monceau (98), un autre à la rue d’Audregnies (Avaleresse).

La station élougeoise a vécu jusqu’à la fermeture de la ligne 98. L’axe fut fermé aux voyageurs le 29 mai 1960, aux marchandises le 13 août 1961. Aujourd’hui, l’ensemble des bâtiments a été converti en habitations privées. Un Ravel assure la liaison lente et paisible entre Dour et Quiévrain.

Élouges, la place de la gare aujourd’hui, rénovée, entretenue. Superbe havre de paix!

Ligne 98, Métadonnées pour gares, qrcode

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