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La gare d’Angre, née avec l’arrivée du chemin de fer en Haut-Pays, en 1882, fut équipée, avec le temps, d’un bâtiment des voyageurs confortable, qui abritait la salle d’attente, le bureau du chef et son logement à l’étage, un jardin, un puits, des toilettes, une cour et un hangar aux marchandises avec deux voies de garage, un pont à peser les wagons et les chariots ainsi qu’une rampe de chargement… La gare d’Angre était située sur le territoire d’Onnezies, en raison, notamment, du tracé de la ligne. La desserte des voyageurs a été supprimée le 29 mai 1960, un an avant celle des marchandises. Les bâtiments sont aujourd’hui une maison privée. L’espace des voies est devenu un RAVeL.
Outre les quelques convois quotidiens de voyageurs, Angre gérait un important va-et-vient de marchandises, malgré l’absence de raccordements privés: pulpes de betteraves, charbon, matières premières pour les fabriques de chicorée, sucre, « denrées coloniales », balles de houblon et wagons de bières de venant de Louvain pour l’embouteillage dans les brasseries locales… On
Pour atteindre cette gare, la ligne de chemin de fer a nécessité la construction de nombreux ouvrages, dont ce singulier « pont sur pont » permettant, en-dessous, le passage du ruisseau « Saint-Pierre » prenant sa source à Onnezies, au milieu celui des piétons et, à l’étage supérieur, celui des convois. Le Haut-Pays est accidenté. La ligne a imposé de lourds travaux de remblais et de déblais…
Le quartier de la gare d’Angre était des plus vivants à la grande époque. Le nombre de maisons au « coin cassé » témoigne encore de la présence « appuyée » d’estaminets qui invitaient voyageurs et… cheminots à se désaltérer. Une ducasse était organisée, là-bas, à la bonne saison. C’est tout dire.
Infrastructure confortable
La gare d’Angre est située à un peu moins de 7 kilomètres de Dour. Nous sommes sur la voie unique de la ligne 98a. La « halte » angroise a reçu une bien belle infrastructure à l’arrivée du chemin de fer, en 1882: un bâtiment principal avec une salle d’attente, le bureau du chef et ses appartements à l’étage, un jardin de 8 ares, un puits, des toilettes, une cour et un hangar aux marchandises avec deux voies de garage, un pont à peser les wagons et les chariots, et une rampe de chargement.
Outre les quelques convois quotidiens de voyageurs, Angre gérait un important va-et-vient de marchandises, malgré l’absence de raccordements privés: pulpes de betteraves, charbon, matières premières pour les fabriques de chicorée, sucre, « denrées coloniales », balles de houblon et wagons de bières de venant de Louvain pour l’embouteillage dans les brasseries locales… On expédiait d’ici des betteraves sucrières, du lin, du bois, des bois de mine et… des chicorées, une des forces économiques de la zone. La « ligne de Roisin » s’était forgé, à l’évidence, une véritable vocation économique « de terroir ». L’avènement du transport par route, dès les années 50, allait en décider autrement.
Onnezies ou Angre?
La « halte » d’Angre fut un sujet de controverse. Les bâtiments avaient en fait été construit sur le territoire… du village voisin d’Onnezies. Une caractéristique de la ligne. Les usagers en étaient pourtant essentiellement angrois. Les deux communes avaient, dès lors, abouti à un accord à la Belge pour l’entretien voyer. Angre s’occupa ainsi, un temps, des quelque quatre-vingt mètres de gros pavés entre la halte et la bordure du village. Le maïeur d’Angre allait de dénoncer l’accord dans les années 50…
Que reste-t-il là-bas aujourd’hui? Les rails de la « 98a » ont disparu, démantelés à la hâte au début des années 60, après la fermeture de la ligne (62). Le quartier de la gare a par contre gardé tout son charme et l’authenticité de ses grandes heures. Une bonne partie des infrastructures ont été sauvegardées, restaurées dans le style de l’époque: bâtiment des recettes, hangar aux marchandises, continuent à se souvenir du passé…
Plus loin, la ligne s’enfonce dans le bois vers Roisin-Autreppe. Elle franchit le petit point d’arrêt d’Angreau, situé au cœur du bois. L’endroit était similaire à celui de la Cambuse à Audregnies… deux petits quais aux bordures en béton, un petit wagon couvert pour abriter les voyageurs. Tout cela a aujourd’hui disparu. Encore que… le flâneur imagine aisément le poète Emile Verhaeren descendre là-bas à son arrivée de la capitale dans le Haut-Pays. Une fierté locale d’hier et d’aujourd’hui. Il est toutefois plus probable que le poète empruntait le chemin de fer de Bruxelles vers Quiévrain et, ensuite, le tram à vapeur vers Roisin…




