La gare de Neufvilles a été mise en service en 1894 sur la ligne Bruxelles-Mons. Elle s’est développée autant avec le trafic des voyageurs qu’avec celui des marchandises, sucrerie, gobeleterie et, surtout, de la toute proche carrière du Clypot. La gare fut également desservie par une ligne vicinale industrielle. Le bâtiment des recettes, désaffecté en 2011, va être réaffecté dans le cadre d’une projet de redynamisation de la Ville de Soignies. Triste souvenir: la gare de Neufvilles fut le théâtre, le 27 juin 1976, d’une des plus graves catastrophes ferroviaires en Belgique, qui fit 11 morts et 38 blessés.
Synthèse
La gare de Neufvilles, ouverte en 1864 sur la ligne Bruxelles – Mons, s’est développée grâce à l’activité industrielle locale, notamment une sucrerie, une gobeleterie, une usine mécanique et la carrière du Clypot. Elle disposait d’importantes installations marchandises, tandis qu’un nouveau bâtiment voyageurs fut construit en 1872.
La gare était également desservie par un tram vicinal reliant le village de Neufvilles et les environs. Une voie à double écartement permettait notamment la desserte de la carrière de pierre bleue du Clypot. Cet embranchement industriel a disparu en 1974.
Bien que désaffecté depuis 2011, le bâtiment historique de la gare subsiste. Acquis par la Ville de Soignies en 2021 alors qu’il était menacé de démolition, il fait actuellement l’objet d’une rénovation. Le projet prévoit la création de deux logements et d’un espace communautaire, première étape d’un programme plus vaste de revitalisation du quartier de la gare.
Aujourd’hui, la gare de Neufvilles est desservie, uniquement en semaine, par des trains omnibus sur la ligne 96 entre Mons et Braine-le-Comte.
Le 27 juin 1976, la gare de Neufvilles fut le théâtre de l’une des plus graves catastrophes ferroviaires de Belgique. Vers 13 h 45, l’express Amsterdam – Paris, circulant à 125 km/h, dérailla à l’approche de la gare lorsqu’une voiture quitta la voie au niveau d’un aiguillage défectueux. Le déraillement entraîna plusieurs voitures du train, bondé de vacanciers néerlandais se rendant à Paris. Le bilan fut lourd : 11 morts et 38 blessés.
La grande histoire
La gare de Neufvilles, le train, le tram et un triste souvenir… Cette gare, située sur la ligne 96 de Bruxelles à Mons entre Soignies et Jurbise, a été ouverte le 28 avril 1864 par les Chemins de Fer de l’État. La présence, aux abords de la gare, d’une sucrerie, d’une gobeleterie, d’une usine mécanique qui générait un trafic important nécessita l’ouverture d’une cour aux marchandises équipée d’une grue de chargement et d’une rampe. Une voie de garage pour les trains de marchandises a été ajoutée en 1865. Un quai de chargement et déchargement a été créé en 1871. D’abord dotée d’un bâtiment des voyageurs provisoire, la gare neufvilloise sera équipe d’un nouveau bâtiment des recettes, après l’adjudication du dossier en 1872.
La gare de Neufvilles était également desservie par le tram de la ligne Casteau – Neufvilles – Chaussée-Notre-Dame-Louvignies. Cette ligne permettait aux voyageurs de joindre le centre du village situé à 2 kilomètres de la gare. L’histoire nous raconte qu’une voie de 4,5 kilomètres à double écartement, normal pour le chemin de fer et métrique pour le tramway, desservait la carrière de pierre bleue du Clypot. L’embranchement des carrières a été fermé en 1974 et la voie a partiellement été démontée.
Aujourd’hui, la gare de Neufvilles est desservie, uniquement en semaine, par des trains omnibus sur la ligne 96 entre Mons et Braine-le-Comte.
Nouvelle vie. Le bâtiment des recettes, bien que sans affectation depuis la suppression du Block 19 (repris par le B27 EBP de Mons) le 19 juin 2011, est toujours en place. Face à la gare les voies du tram, supprimé en 1952, sont toujours visibles. Le conseil communal de Soignies a donné son feu vert à un projet de réaffectation de l’ancien bâtiment des voyageurs de la gare de Neufvilles, après acquisition en 2021 pour 75.000 euros à SNCB. Le bâtiment était menacé de démolition. La Ville de Soignies, par la voix de sa Bourgmestre Fabienne Winckel, a annoncé en juin 2026 que la rénovation du bâtiment « est en cours afin de lui donner une nouvelle utilité au service des citoyens. Le projet prévoit la création de deux logements et d’un espace communautaire au rez-de-chaussée. » La rénovation constitue « la première étape d’un projet plus large de redynamisation du quartier de la gare… »
Raccordement des Carrières
Triste souvenir: 27 juin 1976. Neufvilles… gare paisible et, pourtant, de sinistre mémoire. C’est ici que les Chemins de Fer belges ont connu une de leurs plus grosses catastrophes. 27 juin 1976. 13h45. Le train 284, express Amsterdam – Paris, arrive à Neufvilles. 125 km/h. La voie est limitée à 140… Le convoi est bondé de jeunes Hollandais sur la route des vacances à Paris. Soudain, la neuvième voiture rate l’aiguillage, à 300 m, avant l’entrée en gare, un aiguillage long, du même type que celui dont on avait tant parlé un an plus tôt lors de la catastrophe de Ghlin (12/6/1975). La chaleur, causant une dilatation et un dysfonctionnement de l’aiguillage, aurait été à l’origine des deux accidents. Au bilan à Neufvilles: des dizaines de blessés, des corps déchiquetés…, des morts, plus de 10, la plupart dans ce 9e wagon couché sur le flanc tout près du raccordement du Clypot et qui a entraîné la 8e, la 10e, la 11e et la 12e voitures, heureusement, toutes restées debout sur le ballast. Les chemins de fer prendront par la suite des dispositions concernant les aiguillages en question: dans un premier temps, les régulateurs des postes de signalisation devront manœuvrer les aiguillages peu parcourus pour que les lames bougent de temps et temps et se « recollent »; par la suite, les aiguillages parcourus à plus de 90 km/h allaient être – et ils le sont toujours – équipés de vérins mécaniques qui bloquent la tringle de manœuvre des aiguilles, si bien qu’il est impossible qu’elles bougent. On dénombra 11 morts et 38 blessés à Neufvilles. L’enquête avait conclu à une défectuosité technique au niveau d’un aiguillage.