![]() |
| |||||||||||||||||||||||||
| Mise en service | Fin du service voyageurs | Fin du service marchandises |
| 24.11.1872 | 04.06.1984 | 21.10.1987 |
La gare de Pâturages, sur la ligne 98, était située sur le territoire de Quaregnon. Venant de Mons, la ligne à double voie atteint Pâturages le 24 novembre 1872. La gare fut dotée d’un imposant bâtiment de style néo-Renaissance flamande, d’une cour et d’un vaste hangar pour les marchandises. La ligne 98 a été mise à voie unique dès 1943 mais Pâturages resta la seule gare de croisement des trains. La gare accueillait aussi des raccordements des entreprises locales. Le service des voyageurs a été supprimé le 4 juin 1984, celui des marchandises en 1987.
Synthèse
- Nous sommes sur l’ancienne ligne 98 dite « du Borinage ». La gare de Pâturages était située sur le territoire de Quaregnon à la limite des deux communes voisines. Venant de Mons, la ligne à double voie atteint Pâturages le 24 novembre 1872.
- La gare fut dotée d’un imposant bâtiment de style néo-Renaissance flamande et d’un vaste hangar pour les marchandises où les camions de messagerie assuraient la prise et la remise des colis de et vers les nombreuses entreprises des environs.
- Pâturages disposait d’une cour aux marchandises équipée de deux voies en cul-de-sac. Une voie aboutissait au hangar et l’autre à une rampe de chargement. La ligne 98 avait été mise à voie unique dès 1943: Pâturages resta alors la seule gare de croisement des trains. Deux raccordements desservaient la S.A. des Charbonnages du Borinage et l’Union des Coopérateurs Borains. Les raccordements ont été fermés respectivement en 1969 et 1970, le service des voyageurs a été supprimé le 4 juin 1984 tandis que le trafic de la cour aux marchandises a cessé en 1987.
La grande histoire
Pâturages, la quatrième gare sur le territoire de Quaregnon avec Wasmuël, Central et Monsville… Le premier point d’arrêt de Pâturages remonte à 1869, sur la ligne privée de la Société Générale d’Exploitation entre Frameries et Wasmes. Frameries sera reprise par la Compagnie du Nord Belge. Wasmes et Pâturages seront reprises par l’Etat au début des années 1880. Pâturages se verra dotée d’un bâtiment principal construit dans le style des années 1860-70, le « néo-Renaissance flamande ».
La gare de Pâturage était classée en 4e classe en 1887, en 3e classe jusqu’en 1919 au moins. Le bâtiment principal subira de nombreuses améliorations au fil des années: il comprenait l’habitation du chef de gare, le bureau des recettes avec trois guichets, une salle d’archives, une autre pour les imprimés, deux salles d’attente. Le local des latrines, situé en bord de rue, était à l’origine séparé du corps principal avant d’y être annexé. Côté voies, une longue marquise protégeait les voyageurs sur le quai n°1. Deux cabines de signalisation géraient le trafic dont celle en bord de rue, disparue aujourd’hui, qui contrôlait le passage à niveau.
Le hangar aux marchandises fut construit en plusieurs phases et bénéficia d’agrandissements successifs en 1893, 1912 et 1934, date de la finalisation de ce long bâtiment équipé de trois larges portes coulissantes, d’une plate-forme de transbordement côté voies, d’une voie en cul-de-sac. La cour aux marchandises, pavée, sera équipée d’une large rampe de chargement.
La gare de Pâturages était située sur la ligne 98, véritable axiale ferroviaire du Borinage entre Mons, Dour et Quiévrain via Wasmes et Warquignies. Cette ligne à vocation marchandises et voyageurs fut à double voie jusqu’en 1943. De Pâturages partait par ailleurs une ligne vers Flénu via Frameries et La Bouverie jamais restaurée après sa destruction par les Allemands lors de leur retraite en 1918.
Raccordements industriels
Deux raccordements industriels étaient connectés à Pâturages: celui du siège Saint-Félix du charbonnage du Rieu du Cœur et de la Boule réunis, situé sur la droite en direction de Mons, et celui des installations des Coopérateurs Borains situés sur la gauche, prolongé dès 1933 vers le chantier du négociant quaregnonnais en combustibles Ronval. Le Fief de Lambrechies se connecta à la branche de Saint-Félix en un « sous-raccordement » qui resta actif après la tragique fermeture du Fief en 1934; il fut encore utilisé jusqu’en 1969 comme voies de stockage et de livraisons de combustible par les « Chantiers Charbonniers Belges ». L’entrepreneur Léon Denis se raccorda à la voie de cour en 1931… un mini-raccordement qui coupa en deux le jardin du chef de gare situé au pied de la rampe de chargement.
Outre le charbon, des métaux finis ou bruts arrivaient également à Pâturages. Il n’était par rare non plus de voir arriver ou partir de la farine, de la paille, du foin, des wagons de fumiers, de betteraves. La « Coopérative boraine » recevait chaque jour un wagon, Ronval en gérait un ou deux en provenance de Charleroi, de Liège ou d’Allemagne…
Pâturages gérait, par ailleurs, un important service de « messageries » amenées chaque matin dans un wagon fermé et remis à domicile par le transporteur Emile Térache vers Pâturages et La Bouverie , notamment vers des ateliers de chaussures, Wasmes, Quaregnon-Sud, entre autres des chemiseries et des ateliers confection.
Il reste aujourd’hui, même si a été fermée au trafic ferroviaire, un des plus beaux bâtiments de gare de la région boraine à Pâturages. Après la fermeture de la ligne 98, le 3 juin 1984, les installations ont été acquises par un architecte qui a assaini les bâtiments. Les propriétaires suivants firent le reste… Le cachet de l’endroit et les témoins du brillant passé ont été conservés.







