Les gares de la ligne 128, Ciney-Yvoir


Depuis 1862, une ligne de chemin de fer parcourait la vallée de la Meuse entre Namur et Givet (Fra), en passant par Yvoir. A cette époque, les maîtres-carriers commençaient à extraire de façon industrielle les pierres de la vallée du Bocq, dans les carrières d’Yvoir, Purnode, Dorinne, Durnal et Spontin. Leurs activités étaient toutefois freinées par les difficultés de transporter leur production. Ils allaient obtenir satisfaction à la fin du XIXe siècle avec le projet d’une liaison ferroviaire plus directe le long du Bocq, entre Yvoir et Ciney… La construction de la ligne 128 fut confiée au Chemin de fer de l’Etat par décision gouvernementale le 30 juin 1894. Le profil des lieux difficile allait nécessiter le percement de 5 tunnels. L’axe ferroviaire était opérationnel dès fin 1897…

La ligne 128 sera mise en service par tronçons:

Histoire de la ligne. En 1888, un projet de création est élaboré. Deux ans plus tard, une concession est octroyée à la Société Nationale de Chemins de Fer Vicinaux en vue de la construction d’une ligne à voie normale entre les gares de Ciney, atteinte dès le 1er mai 1858 par la Grande Compagnie du Luxembourg, et d’Yvoir, reliée à Namur par la Compagnie du Nord belge en 1862. Toutefois, ce sont les Chemins de fer de l’Etat belge qui procèdent à la réalisation des travaux: en 1894, le tracé du tronçon est établi et le 15 mars 1896, la mise en adjudication est prononcée. La mise en service de la ligne 128 s’est déroulée en quatre phases: la section Ciney-Spontin le 5 mai 1898, la portion Spontin-Dorinne le 1er mai 1902, Dorinne-Evrehailles le 1er mai 1903 et Evrehailles-Yvoir le 1er juin 1907.

D’une longueur de 21 kilomètres, la ligne du Bocq est à voie unique sur la totalité de son parcours. Douze gares, haltes ou points d’arrêts peuvent être recensés: il s’agit de Ciney, Halloy, Braibant, Sovet, Senenne, Spontin, Spontin-Sources, Dorinne-Durnal, Purnode, Evrehailles-Bauche, Yvoir-Carrières et Yvoir. Les gares de Spontin, Dorinne-Durnal et Evrehailles-Bauche étaient équipées d’une voie d’évitement de manière à permettre d’éventuels croisements. La vitesse de référence était de 70 km/h.

Voyageurs. Le trafic observé sur la ligne est relativement restreint en raison du caractère rural de la région traversée. En 1948, on enregistrait les jours ouvrables sept aller-retour omnibus entre les deux têtes de ligne; deux d’entre-eux étaient prolongés jusqu’à Dinant via la ligne 154 Namur-Dinant-Givet. Une quarantaine de minutes était nécessaire pour effectuer le parcours dans sa totalité.

Marchandises. En raison de la présence de nombreuses carrières (pierre calcaire), le trafic des trains de marchandises était très important. Toutes les gares possédaient une cour aux marchandises, à l’exception de Sovet et Yvoir-Carrières.

Traction. Après la seconde guerre mondiale, les trains de voyageurs étaient assurés par des autorails (type 551 et 553) entretenus par la remise de Ciney. Quant aux convois de marchandises, ils étaient tractés par des locomotives à vapeur des type 29 (de l’atelier de Ronet), ainsi que 81 et 93 (de la remise de Ciney). Par la suite, les engins diesels de Ronet ont été affectés aux dessertes.

Déclin et fermeture de la ligne

En raison du déficit d’exploitation enregistré par la SNCB, le service voyageurs de la ligne 128 fut supprimé le 31 juillet 1960 et remplacé par des autobus. De plus, le trafic marchandises fut limité la même année à la section Ciney-Evrehailles; il sera annulé entre cette dernière et Spontin à la fin des années soixante. Subsiste donc alors uniquement la portion Ciney-Spontin (Sources) permettant la desserte du raccordement des Carrières de la Rochette; celles-ci fournissaient du ballast pour le service Voie de la SNCB. C’est le 7 novembre 1983 que la fermeture définitive fut prononcée.

Aujourd’hui et demain : le PFT

Le Patrimoine ferroviaire et Tourisme (PFT) a repris la ligne en 1992. Avec l’aide de bénévoles, elle a procédé au débroussaillage de la section Ciney-Dorinne et y a fait circuler pour la première fois un autorail historique ex-SNCB le 11 septembre 1992. Cette expérience sera renouvelée régulièrement au cours des années qui suivirent. Depuis 1999, c’est une exploitation hebdomadaire qui est organisée tous les dimanches et jours fériés de juin à septembre. Avec ces circulations régulières, le PFT souhaite attirer le public le plus large possible pour faire découvrir les multiples facettes de la magnifique vallée du Bocq grâce au Rail. L’objectif final reste toutefois la sauvegarde définitive de la ligne et son exploitation touristique sur la totalité du parcours de Ciney à Yvoir.