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Bernissart est une commune située le long de la frontière française sur les bords des anciens marais de la Haine et de l’Escaut, à la limite nord du grand bassin houiller du Hainaut.
L’extraction de la houille y est pratiquée sur une échelle relativement restreinte jusqu’au 18e siècle. C’est par un arrêté du Roi des Pays-Bas, en date du 16 juin 1830, qu’est octroyée une concession, augmentée en 1897, ce qui porte l’ensemble à 3 610 ha.
Les sondages réalisés à Harchies, jusqu’à une profondeur de 341 mètres, révèlent la présence d’un assez grand nombre de couches d’excellent charbon ½ gras.
Les Charbonnages de Bernissart sont favorisés par leur situation géographique. En effet, les canaux de Pommerœul à Antoing et de Blaton à Ath traversent la concession, de même que les chemins de fer de Blaton à Ath et de Hainaut-Flandres. La proximité des rivages des canaux assure aux produits embarqués le minimum de péage dans toutes les directions. Les sièges d’extraction sont reliés au quai d’embarquement par une voie ferrée et un embranchement de 4 km relie l’importante ligne ferroviaire Hainaut-Flandres aux fosses de Bernissart. Enfin, le voisinage de la frontière assure un écoulement avantageux vers la France, même si les droits d’entrée sont très élevés.
Le charbon extrait à Bernissart comme à Harchies est un charbon d’usage domestique de premier ordre, brûlant sans mâchefer et pratiquement sans fumée. Les menus sont également très réputés comme charbon de générateur et constituent un des meilleurs combustibles connus de Belgique sous le nom de ½ gras type IV des chemins de fer de l’État. Les installations de Bernissart comprennent une fabrique d’agglomérés qui permet de produire des briquettes industrielles de 8 à 12 kg et des petits boulets de 40 gr pour le chauffage domestique.
L’exploitation s’est effectuée grâce au puits d’Harchies et à cinq puits sur le territoire de Bernissart : n° 1 Négresse, n° 2 Moulin, n° 3 Ste-Barbe, n° 4 Ste-Catherine et le n° 5. C’est dans une faille rencontrée aux étages 322 et 356 de la fosse Ste-Barbe qu’un gisement fossilifère d’une très grande richesse est découvert en 1878. Le conseil d’administration du charbonnage autorise immédiatement le Musée royal d’histoire naturelle à y mener des fouilles. Un travail gigantesque est alors accompli malgré de multiples difficultés, telles que les inondations des galeries. Le dégagement des pièces demande trois ans d’efforts et, par conséquent, le travail d’extraction du charbon est laissé en suspens. La récolte, bien qu’incomplète, reste cependant exceptionnelle, ainsi 29 squelettes d’iguanodons, animaux gigantesques dont la taille peut atteindre 5 mètres de hauteur sur 8 à 10 de longueur, des crocodiles, des tortues, plusieurs milliers de poissons et des restes de végétaux sont remontés à la surface. Ces fossiles, dont l’origine remonte à environ 130 millions d’années, sont exposés au Musée des Sciences naturelles à Bruxelles. En 1972, la commune de Bernissart se voit restituer un squelette d’iguanodon qui ne peut être complètement exposé faute d’un bâtiment assez haut. Un musée de l’Iguanodon voit finalement le jour en 2002.
Malgré la situation géographique favorable et la renommée du charbon extrait à Bernissart, le sol d’origine marécageuse a toujours causé de nombreux problèmes ; la quantité d’eau à pomper et les fréquentes inondations conduisent à la fermeture précoce des puits. Le puits Ste-Catherine ferme en 1913, Ste-Barbe en 1921 et Négresse en 1926. Le puits d’Harchies continue ses activités jusqu’en 1964. L’un de ses bâtiments est aujourd’hui reconverti en Musée de la Mine.
