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La S.A. Exploitation des Phosphates, craies et sables de Baudour est une ancienne société industrielle liée à l’extraction minière et géologique du bassin de Mons. Elle se concentrait sur les richesses du sous-sol de la région de Baudour, en Belgique.
L’histoire de la S.A. Exploitation des Phosphates, craies et sables de Baudour s’inscrit au cœur de la « ruée vers le phosphate » qui a secoué le bassin de Mons à la fin du XIXe siècle.
Jusqu’au milieu des années 1890, la présence de craie phosphatée à Baudour est totalement inconnue ; les géologues pensent alors que ce gisement se limite aux environs immédiats de Mons (comme à Ciply).
En septembre 1895, un habitant de Baudour décide d’approfondir le puits de sa propriété. En creusant, il tombe sur un sable brun inhabituel. Ayant autrefois travaillé dans les exploitations de phosphate de Saint-Symphorien, il reconnaît immédiatement la roche et prévient le propriétaire du terrain. L’analyse chimique confirme sa nature : le gisement de Baudour est officiellement découvert.
La découverte de ce gîte, bien que plus limité géographiquement que celui du cœur du Borinage, déclenche rapidement une exploitation industrielle. La S.A. Exploitation des Phosphates, craies et sables de Baudour est constituée pour structurer et rentabiliser l’extraction des multiples ressources découvertes sur la feuille géologique locale :
- La craie phosphatée riche : Extraite pour être transformée chimiquement en superphosphates, des engrais agricoles indispensables à la modernisation de l’agriculture européenne.
- La craie blanche : Destinée aux industries de la chaux et aux sucreries de la région.
- Les sables et argiles plastiques : Qui alimentaient abondamment les faïenceries, fabriques de céramiques et d’équipements réfractaires florissantes à Baudour et Tertre à cette époque.
La société a combiné deux types de travaux pour atteindre les gisements :
- À ciel ouvert : Dans des carrières de surface pour les sables et les couches supérieures de craie.
- En galeries souterraines : Pour suivre la couche de craie phosphatée sous les terrains de couverture. L’extraction s’effectuait par la méthode des chambres et piliers abandonnés. Les mineurs creusaient des galeries et des salles de 2 à 5 mètres de large en laissant des blocs de craie intacts (les piliers) pour soutenir le plafond. Certains de ces réseaux souterrains s’étendaient localement sur deux niveaux superposés.
L’âge d’or des phosphates belges s’essouffle dès le premier tiers du XXe siècle. La concurrence internationale — notamment l’importation massive de phosphates d’Afrique du Nord (Maroc, Tunisie) beaucoup plus riches et moins coûteux à extraire — a rendu les gisements du Hainaut non rentables.
