La gare de Montzen-Formation (Birken)


La gare de Montzen était au coeur d’un important noeud ferroviaire sur la ligne 24 de Tongres à Aachen en Allemagne.
Cette gare est située dans le hameau de Plombières entre Remersdael et la frontière Allemande.
Montzen était une gare importante, construite et ouverte en 1917 sous l’occupation allemande. Sa construction a commencé vers 1915, réalisée par des prisonniers russes mis au travail par l’armée allemande. La gare fut conçue d’emblée comme grand dépôt de triage et centre de formation de trains.
Le bâtiment et les installations faisaient partie d’un énorme ensemble ferroviaire s’étendant sur des dizaines d’hectares. Il y avait un dépôt de locomotives, des grands hangars et de nombreuses voies de triage (cinq faisceaux de voies), les quais et les hangars pour la douane, des raccordements notamment vers les anciennes lignes 38 (Liège-Battice-Plombières) et 39 (Gemmenich-Plombières-Herbesthal).
Durant la Seconde Guerre mondiale, la gare fut lourdement bombardée en avril 1944 par les Alliés, détruisant une grande partie des installations d’origine. Après-guerre, le site fut reconstruit, mais la configuration générale et l’architecture d’origine ne furent plus respectées.
La gare fut aussi, pendant quelques années de 1952 à 1957, le terminus de la ligne 38 vers Hombourg.
Jusqu’en 1957, Montzen accueillait encore des trains de voyageurs, après quoi il devint exclusivement un point de triage et de fret.
L’importance du trafic a diminué progressivement à partir des années 1980, et une partie des installations ont été fermées ou désaffectées fin des années 1990 (ex. fermeture du triage marchandises en 1998).
Aujourd’hui, une partie de l’infrastructure reste encore utilisée pour les manœuvres, les raccordements et le trafic marchandises.

L’optimisation du faisceau de Montzen: Infrabel a obtenu un financement européen (environ 5,2 millions €) pour ajouter quatre voies électrifiées longues (740 m) afin d’accueillir des trains de fret plus longs. Cela augmente la capacité logistique du nœud dans le cadre des grands corridors ferroviaires européens (Nord-Mer/Baltique et Rhin-Alpin).

Infrastructures et bifurcations au niveau de Montzen

  • Le Tunnel de la Galoppe, d’une longueur est d’environ 797 mètres, il traverse la vallée de la Galoppe (ou Gulp), un petit cours d’eau locale, d’où il tire son nom.
  • Le Y de Geulthal: vestige historique de la ligne 24A, la bifurcation directe vers l’Allemagne via Geulthal.(fermée en 1968)
  • Le “Y de Gemmenich” : à l’est de Montzen la voie de marchandises vers l’Allemagne, juste avant le tunnel transfrontalier (Gemmenicher/Botzelaer Tunnel) qui passe sous la montagne du Drielandenpunt,
  • Le Viaduc de Moresnet*, il se situe au sud du village, le pont ferroviaire enjambe la vallée de la Gueule (Geul) avant d’aborder le tunnel de Botzelaer (Botzelaer, un point d’arrêt proche de la frontière allemande).
  • Le tunnel de Botzelaer long de + ou – 865 m. proche de la frontière allemande.

Quelques références…


Moresnet – 100 ans d’entrain. Histoire du viaduc de Moresnet, par Roland Marganne, historien

C’est le centième anniversaire d’un viaduc ferroviaire d’acier et de béton, long de 1.107 mètres, qui enjambe le village de Moresnet à l’est de la Belgique. Construit sur ordre de l’occupant prussien pendant la première guerre mondiale, son histoire est indissociable de la ligne 24 Tongres – Visé – Aachen. Mise en service par l’armée allemande en 1917, la ligne 24 sert à ses besoins militaires. Après 1918, l’État belge en fait l’axe majeur du transport des marchandises entre le port d’Anvers, la Ruhr et l’est de l’Europe. Dynamité à deux reprises pendant seconde guerre mondiale, réparé en 1949, complètement modernisé il y a dix ans, le viaduc de Moresnet livre passage en 2016 à une ligne électrifiée parcourue quotidiennement par plus de 80 trains de marchandises.

Les prisonniers de guerre russes, par Joseph Drooghaag, historien

Durant plusieurs mois, des ouvriers, mais aussi des prisonniers de guerre russes œuvrent à l’édification de la ligne 24 et du viaduc de Moresnet. Dans l’imaginaire collectif, le sort de ceux-ci symbolise la souffrance engendrée par la construction de cet édifice. Qui étaient ces prisonniers russes, combien étaient-ils, quelles étaient leurs conditions de vie ? Autant de questions auxquelles les éléments de réponse actuels sont rassemblés dans cet article.

Moresnet, un viaduc, mais aussi une gare, par Roland Marganne, historien

Moresnet était aussi desservi par la ligne 39 Welkenraedt – Plombières – Aachen, établie pour desservir les mines de plomb, zinc et pyrites de fer de la région. La gare de Moresnet fut fréquentée tant par les trains de marchandises de desserte des entreprises locales que par des trains de voyageurs, dont de véritables express à destination de l’Allemagne. Il y eut même un court embranchement en cul-de-sac entre Moresnet et La Calamine (n° 39 B), afin d’y desservir l’usine de la Vieille Montagne, au beau milieu du Territoire neutre de Moresnet. La ligne 39 resta en service tant que les mines de la région furent florissantes. Elle a aujourd’hui disparu, sauf une portion congrue, la ligne électrifiée actuelle Welkenraedt – Montzen qui sert de trait d’union entre les lignes 24 Tongres – Aachen et 37 Liège – Verviers – Aachen.

Le rôle des cheminots dans la bataille de Liège, par Louis Maraite, journaliste

Au début du mois d’août 1914, des actions menées par des cheminots belges contrecarrent l’envahisseur: sabotage de tunnels, de ponts, des lignes stratégiques, envoi de locomotives et wagons en France pour qu’ils ne tombent pas aux mains de l’ennemi, déboulonnement discret de rails, déraillement de locomotives. Un réseau de renseignements se constitue. Parmi les 48 fusillés du fort de la Chartreuse, 7 cheminots entrés dans la résistance sont du nombre, le 29 août 1916.