La gare de Lessines


La gare de Lessines a été ouverte le 9 avril 1855 par l’Administration des Chemins de Fer de l’Etat belge quand elle ouvrit à l’exploitation pour le service des voyageurs la section de Grammont à Ath de l’actuelle ligne 90 suivant la convention signée avec la Compagnie du chemin de fer de Dendre-et-Waes et de Bruxelles vers Gand par Alost. Un peu plus loin était située la gare « semi-industrielle » de Lessines-Carrières mise en service en 1881 sur la ligne 87.

Le bâtiment principal de la gare est l’œuvre de l’architecte Jean-Pierre Cluysenaar, qui s’inspira du style néo-renaissance flamande. Le bâtiment est composé d’une partie centrale à deux étages entourée par deux ailes basses à toit à deux versants.

Les installations ferroviaires proprement dites se composaient de cinq voies à quai pour les voyageurs. Lessines est devenue une gare de bifurcation le 17 juillet 1880 entre la ligne 90 et la ligne 87 Bassilly-Tournai via Ronse, une ligne qui fut supprimée pour les voyageurs le 22 août 1960. La section entre Lessines et Ollignies a été ouvertes aux marchandises jusqu’à nos jours.

Pour les marchandises, la gare était équipée d’une cour à deux voies en cul-de-sac dont une se terminait par une rampe de chargement. On trouvait aussi, sur le côté du bâtiment principal, une voie à double issue avec un cul-de-sac de chaque côté donnant accès à un raccordement et au hangar. Un faisceau à 12 voies (réduit à 8 à l’heure actuelle) à double issue sur lequel est branché le raccordement des carrières, 1 faisceau à 3 voies avec un cul de sac pour les manœuvres, un faisceau de garage à 7 voies en cul de sac. Une particularité: la traversée Tacquenier qui assurait la liaison entre les carrières et le rivage de la Dendre croise perpendiculairement les voies principales à l’extrémité des quais. Aujourd’hui, le trafic généré par les carrières reste important. La gare est, par ailleurs, desservie par les trains omnibus (L) et d’heure de pointe (P) sur la ligne Grammont-Ath-Mons.

Plusieurs raccordements se sont greffés à la gare de Lessines: la Compagnie Electrique de la Dendre (1907), les Carrières de Porphyre du Mouplon (1903), la Cimpac où on fabrique la célèbre allumette « Lux » (1926), les Carrières Vandevelde (1882), la société de ciment et béton Trief (1935), la Compagnie générale des Asphaltes et Goudrons (1893). La carrière Tacquenier S.A. a, ici, lancé ses premiers rails à voie étroite (Decauville) en 1843 en direction de son quai de chargement le long de la Dendre toute proche. Elle remplacera ce réseau « de fortune » par un chemin de fer à voie normale qui croisera à 90° les voies en gare de Lessines, obligeant les trains à réduire très fortement leur vitesse. Tous ces raccordés ont aujourd’hui cessé leur activité. Seules deux entreprises, la CUP (Carrières Unies de Porphyre) et Gralex (Carrière de l’Ermitage à Deux-Acren), sont toujours connectées à Lessines.

La gare de Lessines a ainsi atteint son apogée dans les années 20: un monstre de triage et de formation composé de deux réseaux de 8 voies dont une majorité en cul-de-sac, de 13 voies de triage au-delà du château d’eau servant à l’alimentation des locos, de 3 quais et de 5 voies d’embarquement pour les voyageurs, parallèle à une longue cour aux marchandises en pavés équipées d’une rampe de chargement. Le hangar sera quant à lui installé perpendiculairement au bâtiment des voyageurs…

Le bâtiment de la gare, en mauvais état, a été fermé en 2010 et le guichet a été temporairement transféré dans un bâtiment préfabriqué installé à proximité. Un accord a été conclu entre la commune et la SNCB visant à réaffecter une partie du bâtiment principal à destination du monde associatif et conserver à l’usage des voyageurs la salle d’attente et le guichet. À cette occasion, le bâtiment a bénéficié d’un ravalement de façade et d’une rénovation de ses intérieurs.

La place de la gare de Lessines « ville » est située à la rue René Magritte, anciennement rue de la Station. Le peintre, qui a donné son nom à ce qui aurait pu être une autre « rue de la gare », est né ici, au n° 10, le 21 novembre 1898, à un peu plus de 100 m de la station… René François Ghislain, fils de Léopold Magritte et de Adeline Bertinchamp. Le père Magritte était tailleur et la mère modiste. La famille quittera le pays des carrières en 1900 pour s’installer dans le pays de Charleroi, à Gilly. Le peintre surréaliste est mort en 1967. Sur la place de la gare, la statue du sculpteur roumain Brancusi, ami de Magritte et de Rodin. Le peintre lessinois a quant à lui été immortalisé par Xavier Parmentier. Une sculpture représente Magritte avec son éternel chapeau sur un petit square, au coin de « sa » rue, sur fond d’oiseaux, de lune, de nuages… et de cette célèbre pipe qui n’en est peut-être pas une…

Histoire de la gare de Lessines-Carrières