MONS et ses… 15 gares

Mons a connu 4 gares depuis l’arrivée du chemin de fer dans la ville. Mais, si l’on considère le « grand Mons », le chiffre monte à 15 dont 11 (hors points d’arrêt) dans les communes et villages de l’entité. L’histoire ferroviaire de Mons débute le 19 décembre 1841 avec l’inauguration de la ligne Tubize–Mons. La ville a connu quatre bâtiments voyageurs successifs: Le premier, construit dans les années 1840 près de l’arsenal militaire, est remplacé en 1874. Le deuxième, inauguré en 1952, remplacera le premier après les bombardements de la guerre. La gare « passerelle » actuelle, dite « de Calatrava » a été inaugurée le 31 janiver 2025.

Synthèse

  • L’histoire ferroviaire de Mons débute le 19 décembre 1841 avec l’inauguration de la ligne Tubize–Mons, en présence du roi et de la reine. La ville ne dispose alors que d’une gare provisoire, mais l’arrivée du chemin de fer transforme rapidement Mons en un important carrefour ferroviaire.
  • La ville a connu quatre bâtiments voyageurs successifs. Le premier, construit dans les années 1840 près de l’arsenal militaire, est remplacé en 1874 par une vaste gare néo-romane, adaptée au développement du trafic national et international. Gravement endommagée par les bombardements alliés de 1944, elle est reconstruite dans un style moderne et inaugurée en 1952. Cette troisième gare devient un symbole de la reconstruction, notamment grâce à la monumentale fresque de Jacques d’Hondt.
  • Au début du XXIᵉ siècle, un ambitieux projet de modernisation donne naissance à une quatrième gare, conçue comme une véritable gare-passerelle reliant le centre historique au quartier des Grands-Prés. Après de nombreux retards et une forte augmentation des coûts, ce nouvel ensemble est inauguré le 31 janvier 2025.
  • Aujourd’hui, la gare de Mons demeure un nœud ferroviaire majeur, desservi par plusieurs lignes belges. Depuis décembre 2024, elle a retrouvé une dimension internationale avec le retour des trains Ouigo reliant Paris à Bruxelles. Si l’on considère l’ensemble de l’entité montoise, quinze gares (hors points d’arrêt) ont marqué l’histoire ferroviaire du « grand Mons », témoignant de l’importance du rail dans le développement de la région.

Remontons le temps jusqu’aux origines du chemin de fer à Mons. Le roi Léopold 1er et le gouvernement décident de construire, vers 1835, un réseau de chemin de fer pour soutenir l’industrialisation du pays et promouvoir le trafic international vers les pays voisins. Une des premières lignes sera construite en direction de la France. Une première section de la ligne jusqu’à Tubize sera inaugurée le 16 mai 1840. 17 mois plus tard, les rails aboutissaient à Jurbise.

19 décembre 1841: l’inauguration des sections du chemin de fer de Tubize à Mons se déroule en grande pompe, sous la neige qui a blanchi la région pendant la nuit. Le convoi de voitures décorées et pavoisées aux couleurs nationales arrive à Mons vers 14 heures. La station n’est pas encore équipée d’un bâtiment de gare digne de ce nom: un pavillon provisoire a toutefois été construit pour accueillir le Roi et la Reine arrivés en train la veille et deux tribunes accueillent les nombreux invités. Les Souverains sont accueillis par des acclamations qui les accompagnent tout au long de leur trajet vers le Gouvernement provincial. L’arrivée du convoi « national » est marquée par des salves d’artillerie. Concerts, banquets, fêtes sont organisés à l’occasion de l’événement. Le 20 décembre, les personnes invitées quittent Mons en train.

MONS I

Le besoin de construire un bâtiment de gare, des annexes techniques, devient pressant, compte tenu de l’engouement généré par le chemin de fer depuis qu’il est arrivée à Mons. L’entrée des rails dans Mons a nécessité le percement de la muraille d’enceinte de la ville. Deux sites sont imaginés pour l’implantation de la gare: le quartier du Béguinage et celui de l’arsenal au nord-ouest. Après de nombreux palabres, c’est sur ce dernier site que le choix définitif de l’emplacement de la gare allait se porter, sur une esplanade située derrière l’arsenal. Les voies, au nombre de trois étaient équipées d’aiguillage à contre-poids mais ne disposaient pas de quais, ce qui imposaient aux voyageurs d’embarquer au niveau des voies. Elles se situaient à l’emplacement de l’actuel Boulevard Charles-Quint et le bâtiment principal était implanté plus près de la ville que celui de la gare actuelle. La station était également équipée d’une remise pour les locomotives, de manches à eau et de réserves de charbons pour alimenter les locomotives à vapeur.

La première « vraie » gare de Mons, construite à l’intérieur des remparts de la ville, tout près de l’arsenal militaire, a été construite dans les années 1840-50, bien après l’arrivée du chemin de fer à Mons en décembre 1841. Ce premier bâtiment était modeste, avec deux ailes reliées par une marquise. L’aile gauche comprenait le local du télégraphe, l’aile droite la salle d’attente, la salle des guichets ainsi qu’un bureau des services ferroviaires. Ce bâtiment avait reçu le nom d’« embarcadère » évoquant le vocabulaire de la marine, tout comme les locomotives de l’époque que l’on appelait des « remorqueurs ». L’accès à la gare de Mons, installée donc en zone militaire sur l’esplanade dernière l’arsenal, obligeait les voyageurs à traverser le colossal arsenal casematé avant d’accéder aux voies. Une voie d’accès, la « rue de la Station », ainsi qu’une place qui va devenir la « Place Louise », seront construites pour rendre l’accès plus aisé. Le premier bâtiment principal de Mons sera déconstruit en juin 1871 et reconstruit dans le même temps en gare de Saint-Ghislain.

MONS II

La gare de Mons allait rapidement devenir un nœud ferroviaire de plus en plus important pour le transport des voyageurs et des marchandises. La construction d’une nouvelle gare allait, logiquement, être envisagée après la démolition des murailles de la Ville. La première gare est ainsi devenue trop petite et le projet d’une nouvelle infrastructure fut rapidement lancé. L’autorisation de la première gare fut actée en mai 1861; le bâtiment principal fut transféré en gare de Saint-Ghislain. Dix ans plus tard, à Mons, la Ville et l’État signaient une convention visant à lancer la construction d’un nouveau bâtiment, une structure de 130 mètres de long et de 1.600 mètres carrés, située à l’endroit actuel. Le bâtiment, construit dans le style néo-roman sur base des plans de l’ingénieur Van der Sweep, fut inauguré en 1874. Il présentait une partie centrale en trois arcades, une salle des guichets, des salles d’attente de 1re, 2e et 3e classes, un buffet. L’espace ferroviaire nourri de 8 lignes était équipé d’une verrière qui couvrait les 5 voies principales. Plusieurs bâtiments allaient s’ajouter à la nouvelle infrastructure, notamment une remise aux locomotives, des locaux techniques. À l’époque, Mons était desservie par des lignes internationales de et vers la France ainsi que par de nombreux axes régionaux de et vers Lille, Tournai, Mons, Charleroi, Namur, Quiévrain.

Les bombes

La gare de 1874, et plusieurs infrastructures voisines, vont être la cible des bombardements « stratégiques » par les Anglo-Américains pendant la Deuxième Guerre mondiale. Dès la mi-1942, les bombes frappent le pensionnat des Ursulines, à 200 mètres de la gare. Même scénario à la fin de l’année: des immeubles proches de la gare sont détruits. En janvier 1943, l’atelier de réparation des locomotives au lieu-dit « l’Aviation » est bombardé. Les bombardements s’intensifieront en prévision du débarquement dans le but de couper les voies de communication aux Allemands. Le bombardement le plus important arrivera le 10 mai 1944, détruisant la gare de formation, la verrière et la partie droite du bâtiment principal. Tout ou presque sera détruit à Mons où une reconstruction complète deviendra indispensable.

MONS III

Un nouveau « bâtiment des voyageurs » sera construit. La première pierre sera posée le 8 décembre 1947 par le ministre des communications Achille van Acker. On s’attaquera d’abord à la reconstruction de l’aile droite et du pavillon central de l’ancien bâtiment principal. Première inauguration en 1950. On reconstruira l’aile gauche dans un second temps. Le nouveau bâtiment est construit sur base de plans de l’architecte montois René Panis, dans le style épuré et efficace, typique des années 50. La nouvelle gare, enfin entière, sera inaugurée le 19 octobre 1952. La nouvelle construction comprenait tous les services ferroviaires: des bureaux, une salle des pas perdus et des guichets, un buffet avec restaurant, des commerces, un kiosque à journaux… La cabine de signalisation principale est à l’étage de la partie centrale, divers locaux techniques sont aménagés, notamment, dans les sous-sols.

FRESQUE. La SNCB a confié au peintre montois Jacques d’Hondt la réalisation d’une grande fresque dans le cadre des festivités de l’Exposition universelle de 1958. Installée dans la salle des pas perdus, l’œuvre monumentale, de 43 mètres de long, représentait la vie économique et sociale de la région de Mons-Borinage. L’œuvre, dont l’original avait perdu son lustre avec le temps, sera remplacée en 2001 par une reproduction de l’artiste Dozan Cakir, à l’occasion des 75 ans de la SNCB. A la démolition de la gare, les panneaux de l’œuvre seront transférés au « Musée du Rail » à Saint-Ghislain avant de repartir dans les réserves de la Ville de Mons.

MONS IV

La décision de moderniser la gare de Mons de 1952 est née en 2004. Le projet initial visait à privilégier les espaces des voyageurs, notamment en allongeant les quais, en supprimant des voies de garage et en rectifiant les courbes d’entrée en gare pour privilégier la vitesse, en aménageant des espaces de parking et… en établissant une passerelle entre le cœur historique de la Ville, la Place Léopold, et le nouveau quartier des Grands-Prés, la Place, le Centre, l’Hôtel des Congrès. Initialement conservé sur plans, le bâtiment de 1952 allait être démoli dès 2013 pour faire place à une « gare-passerelle » dont l’histoire prit des tournures folles, tant au niveau des délais de construction que des budgets, passés des 37 millions initiaux, en 2006, à près d’un demi-milliard en 2024. La 4e gare « passerelle » de Mons sera inaugurée le 31 janvier 2025, plus d’un mois après sa mise en service et près de dix ans après son ouverture initialement programmée.

Voir aussi La gare de Mons récompensée par le Prix Versailles

La gare de Mons se situe sur la ligne 96 (Brussels Airport ou Schaarbeek vers Quévy), la ligne 97 (Liège-Guillemins vers Saint-Ghislain et Quiévrain), la ligne 78 (vers Tournai et Lille), et 118 (vers La Louvière-Centre et Charleroi). Depuis le 18 décembre 2024, elle a retrouvé son statut international grâce au trafic des trains « Ouigo » entre Paris-Nord et Bruxelles-Midi.

La gare de Mons récompensée par le Prix Versailles

Les 11 autres gares de Mons

Le train s’est aussi arrêté, ou s’arrête encore, dans plusieurs gares de l’entité montoises: à Ghlin, Flénu, Jemappes, Nimy-Maisières, Havré, Harmignies, Hyon-Ciply, Cuesmes et Obourg. Toutes les gares en activité sont aujourd’hui des points d’arrêt non-gardés.

  • La gare de Ghlin est située sur la ligne 96 (Bruxelles-Midi – Quévy).
  • La gare de Flénu-Produits était située sur la ligne 98 (Mons-Quiévrain).
  • La gare de Flénu Central (photo de la maison du chef de gare), sur la ligne 98, était essentiellement destinée au transport des marchandises, notamment du charbon des mines boraines. La gare présentait une petite formation.
  • La gare de Jemappes est située sur la ligne 97 (Liège-Guillemins – Saint-Ghislain – Quiévrain).
  • La gare de Nimy est située sur la ligne 118 (Mons La Louvière-Sud – Charleroi-Sud). Cette ligne était, jadis, la ligne 112. le point d’arrête de Nimy-Maisières, sur la ligne 96 a été ferme en 1984
  • La gare de Havré est située sur la ligne 118 (Mons – La Louvière-Sud – Charleroi-Sud). Cette ligne était, jadis, la ligne 112.
  • La gare d’Harmignies était située jusqu’en fin 2005 sur la ligne 109 (Cuesmes – Chimay).
  • La gare d’Hyon-Ciply était située, jusqu’en fin 2005, sur la ligne 109 (Cuesmes – Chimay). Un Ravel est en phase de construction depuis 2021.
  • La gare de Cuesmes-Etat était située sur la ligne 109 (Cuesmes – Chimay) et sur la ligne 98 (Mons – Quiévrain). Elle est aujourd’hui sur la ligne 96 (Bruxelles-Midi – Quévy).
  • La gare de Cuesmes-Nord était située sur la ligne 96A (vers Haumont) avant la déviation du trafic via Cuesmes-Etat dans la phase d’électrification.
  • La gare d’Obourg est située sur la ligne 118 (Mons – La Louvière-Sud – Charleroi-Sud). Cette ligne était, jadis, la ligne 112.