Havré-Ville: la gare hyperactive


La gare d’Havré n’est aujourd’hui plus que l’ombre de ce qu’elle fut avant l’électrification du début des années 80. La station fut mise en service implantée en même temps que l’ouverture de ligne entre Mons et le bassin du Centre, le 20 octobre 1849.

L’activité industrielle était jadis très intense à Havré et la gare, située entre Havré et Ville-sur-Haine, avait été équipée des infrastructures nécessaires pour répondre à la demande des entreprises locales ainsi qu’à l’accueil des centaines d’ouvriers qui y transitaient chaque jour. La gare d’Havré des grandes heures, c’était un grand bâtiment des recettes avec étage à 4 fenêtres, marquise, des toilettes et un jardin, un vaste hangar et une longue cour aux marchandises pavée, une rampe de chargement, une cave à pétrole, une cave à sel, un gros faisceau marchandises à quatre voies dont deux voies de « cour (marchandises) » de 112 et de 130 mètres.

La gare d’Havré était équipée de deux cabines de signalisation, le block 17 (en bois et à étage), côté La Louvière, et le block 18 côté Mons. Les deux cabines contrôlaient un important faisceau de marchandises… Les deux superbes bâtiments comportaient un étage, construit en bois sur ossature métallique, et abritaient l’équipement « Siemens » et le signaleur. Les infrastructures de la gare de jadis ont été démolies en 1974 pour être remplacée par un bâtiment en béton, qui a abrité le Block 17 tous relais dès 1979 et qui fut lui-même fermé en 1991. Le personnel a été supprimé la même année et les aiguillages ont été démontés.

Raccordements privés

  • Les Usines Solvay et Cie étaient situées de part et d’autre de la ligne en direction du Centre (1884 et 1906). Les Fours à Coke des Charbonnages de Bois-du-Luc empruntaient ce raccordement dès 1925 avant la reprise de l’ensemble par l’Union Chimique Belge en 1931. Les raccordements ont été fermés en 199 et en 1984.
  • Les puits 1, 2 et 3 du Charbonnage de Bois-du-Luc (1863) et une branche longue de 5 kilomètres vers le siège de Beaulieu (années 20) étaient reliés à l’entrée de la gare d’Havré côté Mons. Le raccordement a été fermé en 1968.
  • La Sucrerie Monoyer fut raccordée en 1870; les Verreries et Gobeletteries d’Havré ont exploité le raccordement dès 1923, et, plus tard, l’entreprise Manuverbel (1968).
  • La gare privée des Ciments d’Obourg à Thieu dépendait, elle aussi, d’Havré.

Accidents en gare

L’accident du 23 mai 1979 à Havré a coûté la vie à deux voyageurs et au signaleur.

La cabine du block 17, tout près du passage à niveau de la route du Roeulx, a connu un épisode dramatique le 23 mai 1979. Un train semi-direct entre Charleroi et Mouscron circulait à contre-voie entre Bracquegnies et Obourg. Une partie du convoi a franchi l’aiguillage, qui a soudain changé de position, entraînant le reste de la rame sur la voie de garage. Une voiture du train a percuté la cabine de signalisation qui a pivoté sur sa base. Le signaleur a tenté de fuir les lieux mais il a été enseveli sous l’escalier de service de la cabine. Deux voyageurs ont également perdu la vie dans la catastrophe. La cabine a été démolie, la signalisation a été temporairement prise en charge par le block 18 en attendant la fin des travaux d’électrification de la ligne et la mise en service d’une cabine moderne « tout relais » quelques mois plus. Le contrôle du point d’arrêt actuel est assuré par Mons depuis 1991.

  • On notera par ailleurs qu’un autre accident était survenu en gare d’Havré le 31 mai 1858, quand des wagons s’étaient détachés de leur train et avaient percuté un convoi de voyageur évoluant entre Mons et Manage. L’accident avait fait huit morts et plusieurs blessés.