La halte de Boussu-Route

La halte de Boussu-Route se situait sur l’axe entre le Borinage et les rivages du canal de Saint-Ghislain, la ligne 98B. Son ouverture remonte au 10 juillet 1840, aux grandes heures du charbon borain. La voie ferrée qui passait ici, en croisant la route entre Mons et Valenciennes, est la plus ancienne installée sur le territoire de Boussu. Boussu-Route devint une gare « voyageurs » en 1874. L’activité « marchandises » y fut intense grâce aux entreprises locales dont les raccordements furent fermés en 1954. Le trafic « voyageurs » fut supprimé le 3 juin 1984.

Synthèse

  • Boussu-Route était l’une des quatre gares desservant autrefois la commune de Boussu. Mise en service pour les voyageurs en 1874 sur la ligne 98B, elle jouait surtout un rôle important dans le transport du charbon et des marchandises du Borinage. La gare disposait d’installations modestes mais bénéficiait d’une activité industrielle soutenue grâce aux raccordements des moulins et de la verrerie locale.
  • Avec la fermeture progressive des charbonnages, la ligne fut mise à voie unique dans les années 1960 et le trafic déclina fortement. Le dernier train de voyageurs circula en 1984 lors de la restructuration « IC-IR » de la SNCB. Une tentative de sauvegarde touristique par des bénévoles du « Chemin de Fer Touristique Borain » échoua finalement au début des années 1990, entraînant la disparition définitive de la ligne.
  • Aujourd’hui, l’ancienne emprise ferroviaire est devenue un RAVeL, où seuls quelques vestiges rappellent encore le passé ferroviaire de Boussu-Route.

La grande histoire

Boussu-Route est une des quatre gares qui desservaient jadis la commune de Boussu, avec celle de Boussu-Bois sur la ligne vers Dour, celle de Boussu centre sur la ligne Mons-Quiévrain et de Boussu-Haine sur la ligne vers Tournai. Destinée à l’origine au transport du charbon borain vers les « rivages de Warquignies » et le canal Mons-Condé et, plus tard, vers la formation de la gare de Saint-Ghislain, la ligne 98B, à double voie à hauteur de Boussu-Route, obtint une vocation voyageurs le 1er octobre 1874.

L’équipement était constitué d’un petit bureau des recettes, d’une cabine de signalisation et de deux quais pourvus d’un abri pour les voyageurs. Une maisonnette de garde-barrière, située au passage à niveau de la route Mons – Valenciennes, complétait l’ensemble. Ici passaient « à niveau » la route vers Mons et la voie vicinale de la ligne n°9. L’activité marchandises était assez intense à Boussu-Route. Deux gares privées, gérées par les entreprises, s’étaient implantées tout près du point d’arrêt : celle, d’une part, des Moulins de Boussu dont l’origine remontait à la société d’Adolphe Wins (1858) et dont allait entre autres profiter plus tard la société Gossuin-Laitem; celle, d’autre part, de la cristallerie-verrerie de Boussu initié en 1898 par Albert Robette en tant que Verrerie « La Renaissance ». Les raccordements ont été fermés en 1954.

La ligne 98B a été mise à voie unique dans les années 60, conséquence de la fermeture des charbonnages borains. La cabine de signalisation de Boussu-Route a ainsi été supprimée. Le dernier train de voyageurs fit arrêt à Boussu-Route le 3 juin 1984, jour de la suppression de la ligne en raison de la mise en application de la restructuration « IC-IR » de la SNCB. La ligne vivota encore une dizaine d’années, grâce au projet des bénévoles du « Chemin de Fer borain » qui auraient souhaité donner une tournure touristique à la ligne 98. Le projet n’a jamais abouti « en haut lieu » et 1994 marqua la fin définitive du rail borain. L’ancienne voie a aujourd’hui laissé place à un Ravel. Quelques barrières en béton et l’ancien quai, constituent les seules traces encore visibles du passé ferroviaire…

Raccordements. Les raccordements privés disparaîtront avec les entreprises: en 1956, on démantèlera le raccordement de la verrerie; celui de la « SA Moulin du Haut Escaut » sera supprimé en 1977. Quant au point d’arrêt, il sera définitivement effacé en juillet 1994, dix ans après la suppression du service voyageurs le 3 juin 1984. L’épisode de la suppression définitive de Boussu-Route a laissé un arrière-goût plus qu’amer aux bénévoles du « Chemin de Fer Touristique Borain », une poignée de valeureux nostalgiques de la ligne 98, axiale ferroviaire boraine vouée à la disparition totale par la restructuration des chemins de fer belges du début des années 80. Ces gens avaient émis le projet de continuer à exploiter modestement la fameuse ligne à des fins touristiques, question d’entretenir la mémoire d’une région qui avait si bien vécu de son rail et de son charbon. Quelle ne fut pas leur surprise quand ils virent les machines déferrer le passage à niveau de Boussu-Route… leur matériel roulant était en gare de Saint-Ghislain. Impossible dès lors de le faire transiter sur le réseau borain, au-delà du point d’arrêt de Boussu-Route. La fin du Chemin de Fer Touristique était actée. Encore une de ces bizarreries dont l’État peut avoir le secret…