Infrabel déploie des drones pour un trafic plus fluide


Infrabel souhaite utiliser davantage de drones sur le réseau ferroviaire. Ces appareils sont des « yeux à distance » pour le gestionnaire du réseau ferroviaire : ils permettent de surveiller les voies, d’intervenir plus rapidement en cas d’incident et de renforcer la sécurité des équipes de terrain. Un projet pilote mené dans le port d’Anvers a donné de très bons résultats. Infrabel souhaite dès lors étendre l’usage des drones à l’ensemble de la Belgique. Toutefois, un cadre réglementaire adapté est nécessaire pour permettre un déploiement rapide et efficace.

Projet pilote réussi dans le port d’Anvers

En 2023, Infrabel a lancé, en collaboration avec le port d’Anvers, un projet de drones dans le cadre du programme européen BURDI, axé sur le développement de l’U-space. L’U-space est une réglementation européenne qui vise à permettre une circulation sûre des drones dans l’espace aérien. Cela est essentiel pour les vols de drones dans des environnements complexes tels que les zones urbaines et portuaires. Le port d’Anvers s’est avéré être un site d’essai idéal.

Soutien au trafic ferroviaire et gestion des incidents

Pendant le projet, des drones ont été déployés au-dessus de la gare de triage d’Anvers-Nord et du faisceau de voies d’Oorderen, des nœuds cruciaux pour le transport de marchandises par train. Les drones ont été utilisés pour deux applications principales : la surveillance du trafic ferroviaire et l’intervention en cas d’incident.

En cas de problème, comme une panne d’aiguillage ou de signalisation, le drone peut fournir rapidement une image claire de la situation et donc, un premier diagnostic. Il a aussi une haute valeur ajoutée en cas d’accident. Si un train déraille par exemple, il survole la zone pour localiser le déraillement, évaluer les dégâts et repérer d’éventuels risques liés à des matières dangereuses. Ces informations permettent une intervention plus rapide, plus sûre et plus ciblée. Elles peuvent être aussi immédiatement partagées avec les services de secours.

Plus rapide, plus efficace et économique

Les drones ne sont pas bloqués par les embouteillages ou les passages à niveau fermés et arrivent jusqu’à deux fois plus vite sur les lieux d’une intervention, ce qui permet de rétablir plus rapidement les circulations. La zone portuaire d’Anvers compte environ 1 000 kilomètres de voies. Dans cet immense pôle logistique, chaque minute compte. Bien que certains faisceaux de voies soient équipés de caméras fixes, les drones offrent une flexibilité supplémentaire. Ils peuvent s’approcher davantage de l’incident et fournir des images de haute qualité. De plus, les drones sont jusqu’à deux fois moins coûteux que les systèmes de caméras fixes.

Un complément au savoir-faire humain


​L’intervention humaine reste essentielle à la gestion du trafic ferroviaire. Les équipes spécialisées d’intervention d’Infrabel – la permanence – demeurent indispensables en cas d’incident. Les drones soutiennent ces équipes en prenant en charge des tâches préparatoires, permettant ainsi aux agents de se concentrer sur leur mission principale. Les drones ont aussi leurs limites : en cas de mauvais temps, ils restent au sol et leur autonomie de vol est limitée. Ils constituent donc un outil mais ne remplaceront jamais une intervention humaine.

Pilotage centralisé et déploiement futur


​Après le succès à Anvers, des drones ont également été utilisés dans trois autres faisceaux de voies stratégiques : Waaslandhaven, Forest et Châtelet. Infrabel pilote désormais le programme de drones de manière centralisée depuis le centre national de gestion du trafic à Bruxelles, où sont formés une trentaine de pilotes de drones. À noter que la première femme pilote de drone BVLOS (vol hors vue du pilote) en Belgique a été formée chez Infrabel.

Nécessité d’une réglementation claire


​Aujourd’hui, Infrabel ne peut pas toujours déployer immédiatement des drones, car l’espace aérien belge est fragmenté en différentes géozones avec des règles strictes. Environ 60% du réseau ferroviaire se situe dans ces zones. Infrabel demande donc un statut de « State Flight », afin de pouvoir utiliser des drones également dans ces géozones.

Par ailleurs, Infrabel plaide, comme c’est le cas en Allemagne et en Espagne, pour la reconnaissance du rail comme géozone fixe. Chaque année, des centaines de drones illégaux sont observés au-dessus des voies, ce qui comporte des risques pour la sécurité. Infrabel ne souhaite pas interdire les drones au-dessus du rail, mais demande une réglementation et un contrôle. Un cadre réglementaire clair est donc essentiel. Infrabel se félicite que le ministre de la Mobilité Jean Luc Crucke ait intégré ce sujet dans sa note de politique de mobilité. (Source et photos Infrabel)